Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Livres Livres Livres Chronique Michel Guerrin Rédacteur en chef au « Monde » En 2025, pour la première fois, la France a recensé plus de fermetures de librairies que d’ouvertures. Ces commerces, moins aidés que l’audiovisuel public, le cinéma, la presse ou la musique, doivent être davantage soutenus, relève Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 05h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés A moins de vivre sur une autre planète, vous devez savoir que les gens lisent de moins en moins de livres. Tout le monde lit moins, les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, dans les villes et les campagnes. Aucun genre n’est épargné – romans, essais, mangas. Le phénomène est disséqué, rabâché, les écrans sont montrés du doigt. Mais bon, on se dit que tout cela reste un peu abstrait, alors on passe à autre chose, par exemple au poids de Vincent Bolloré dans l’édition ou au transfert de Boualem Sansal de Gallimard à Grasset. La lame de fond est pourtant là. Les ventes de livres ont chuté de 8 % en moyenne depuis le 1er janvier, avec un mois de mai catastrophique. Entre les cinq premiers mois de 2024 et les cinq premiers de 2026, dix millions de livres sont partis en fumée. Cela n’a pourtant pas vraiment ému. Pour qu’on en parle, il a fallu attendre une conséquence concrète, visible dans la rue. En mai, l’historique groupe Gibert (seize magasins dans douze villes, 500 salariés) a été placé en redressement judiciaire. Même chose, début juin, pour les réseaux Furet du Nord et Decitre – une trentaine d’enseignes. Mi-juin, c’est Sauramps, librairie de référence à Montpellier, qui s’est déclarée en péril. Des centaines d’autres boutiques, dont on murmure les noms, sont au bord du gouffre, beaucoup dans les villes moyennes, là où elles jouent un rôle culturel précieux. Une bonne partie des 3 500 librairies indépendantes en France, où l’on achète près d’un livre sur deux, sont menacées de disparition. Ramer est leur destin. Si l’on veut devenir riche, on choisit un autre métier. Mais là, on y est, c’est la survie d’un secteur qui est en jeu. En 2025, pour la première fois, plus de librairies ont fermé (85) que d’autres ont ouvert (83). Il vous reste 70.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.