Publié le 22 août 2026 à 11:42. / Modifié le 22 août 2026 à 12:50.

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Des djihadistes ont enlevé et tué des dizaines de personnes lors d’une attaque perpétrée pendant la prière du vendredi dans l’État du Niger, au centre du Nigeria, ont déclaré samedi à l’AFP un habitant de la région et un député qui en ont réchappé.«Peu après la fin de la prière habituelle du vendredi, le groupe armé de Lakuwara, composé de plusieurs centaines d’hommes armés de fusils, de couteaux et de machettes, a commencé à nous attaquer», a raconté Jibril Ahmad, qui a survécu à l’attaque du village de Dikera, dans la zone de gouvernement local de Borgu.Ces militants «ont massacré certains des nôtres, sous prétexte que nous ne suivions pas les véritables enseignements de l’islam», a précisé Jibril Ahmad.Lakurawa est un groupe obscur que certains chercheurs ont associé à l’ISSP («Province du Sahel de l’État islamique»), actif au Burkina Faso, au Mali et au Niger.«Nombre d’entre nous ont réussi à s’échapper» quand un autre groupe djihadiste, connu sous le nom de Mahmuda, est intervenu et a commencé à s’attaquer au premier, a-t-il ajouté.Le bilan exact de ces attaques, qui ont également touché le village de Binzi tout proche, n’était pas connu, ont déclaré Jibril Ahmad et le député fédéral Jafaru Mohammed.«Certains membres du groupe Mahmuda s’opposaient à la doctrine des Lakurawa et, quand ils ont appris ce qu’ils faisaient, ils les ont combattus», a expliqué à l’AFP le député.«Mais à l’heure actuelle, beaucoup des nôtres ont été massacrés et beaucoup d’autres ont été enlevés et emmenés dans la brousse», a-t-il rappelé.Le pays le plus peuplé d’Afrique est aux prises depuis 17 ans avec une insurrection menée par des groupes djihadistes, qui ont fait de ces enlèvements une tactique clé – notamment l’enlèvement, en 2014, de centaines de collégiennes dans la ville de Chibok.L’insurrection se concentre dans le nord-est, bien que l’attaque de vendredi ait eu lieu dans l’ouest du pays à la frontière du Bénin, une région qui connaît une recrudescence des activités menées par des groupes armés locaux et des militants du Sahel depuis que le conflit s’est fragmenté.La police de l’État du Niger a déclaré avoir été informée de cet enlèvement, mais n’avoir reçu aucune information faisant état de victimes.