22 août 2026Aujourd'hui à 05:02La poursuite du mouvement de contestation promise par les syndicats risque d’être contreproductive. Dans l’intérêt des élèves, il faut reprendre le dialogue et ramener de la sérénité dans les écoles.Les syndicats ont promis une rentrée scolaire chahutée. Toujours aussi remontés contre la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), ils ont déposé un préavis couvrant toutes les actions jusqu’au 27 septembre.On peut comprendre que certaines mesures soient contestées. Il n’est jamais agréable de devoir travailler plus sans compensation. Mais il est difficile de nier la réalité budgétaire. La situation était devenue intenable et il fallait d’urgence écarter la menace de l’effet boule de neige.Y avait-il moyen de faire autrement? Peut-être, mais nous n’avons pas entendu de propositions réalistes. "Allez chercher l’argent ailleurs", "moins de F-35, plus d’écoles": l’école mérite mieux que certains slogans faciles brandis par les syndicats. Ce que le gouvernement a mis sur la table ne "détruit" du reste pas notre enseignement.Il faut au passage tordre le cou à une idée reçue: non, l’école en Belgique francophone n’est pas sous-financée. La dépense totale ramenée au nombre d'élèves se situe dans la moyenne supérieure des pays de l’OCDE, à un niveau équivalent à celui de la Flandre. Le problème se situe du côté des inefficiences, sources de gaspillages. On peut citer la lourdeur des structures qui pèse sur les coûts, la logique des réseaux qui entraîne de nombreux doublons, l’absentéisme élevé (maladies de longue durée, détachements, dispositifs de fin de carrière) que le système de nomination n’aide pas à résoudre.Des réformes de fond semblent inévitables pour contenir les coûts à long terme. Dans ce processus, les syndicats sont hélas souvent un facteur d’inertie, au nom des droits acquis, quand ce n’est pas dans une logique de combat politique.Sur le terrain, on entend aussi un autre discours. Celui d’enseignants qui subissent les réformes incessantes, les contraintes administratives, la pression extérieure (parents, élèves…). Comme si on ne leur faisait pas confiance. Le haut taux de décrochage parmi les jeunes enseignants est à cet égard éloquent et inquiétant.Outre les inefficiences et les rigidités, l’enseignement souffre d'un cadre institutionnel inadapté, avec une Fédération qui ne dispose pas de recettes propres. C’est pourquoi l’actuel tour de vis budgétaire ne suffira probablement pas et que le problème risque fort de se représenter d’ici quelques années. À moins de se lancer dans une négociation périlleuse avec la Flandre pour obtenir une révision de la Loi spéciale de financement, les Francophones vont devoir se pencher sur leur architecture institutionnelle. Mais c’est là un autre débat…Dans l’immédiat, il importe d’aller de l’avant et d’assurer aux élèves une rentrée qui soit la plus sereine possible. La ministre Glatigny se dit ouverte au dialogue. Elle a raison: il faut se reparler. Mais cela suppose que chacun fasse un pas vers l'autre.L’agitation sociale ne sert pas l’intérêt des élèves, dont bon nombre ont déjà subi une fin d’année tronquée par les grèves et les manifestations. Parmi les acteurs de terrain que nous avons rencontrés, ce n’est pas la volonté d’en découdre avec le politique ni le jusqu’au-boutisme qui prévaut. La plupart d’entre eux sont sincèrement passionnés et demandent juste de la considération et du respect pour leur métier.
Édito | Enseignement: il faut se reparler
La poursuite du mouvement de contestation promise par les syndicats risque d’être contreproductive. Dans l’intérêt des élèves, il faut reprendre le dialogue et ramener de la sérénité dans les écoles.










