Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Crise de l'hôpital Crise de l'hôpital Crise de l'hôpital Du 18 au 23 juillet, cette femme âgée de 85 ans est restée six jours et cinq nuits sur un brancard, faute d’un lit disponible dans le service correspondant à sa pathologie. Des « investigations sont en cours », assure le centre hospitalier. Article réservé aux abonnés Cela fait presque un mois que Nino-Anne Dupieux a quitté les urgences du centre hospitalier universitaire (CHU) d’Orléans, et elle se sent encore fatiguée. Dos douloureux, essoufflement… « Ce n’est pas la gloire, et les canicules à répétition n’ont rien arrangé », rapporte l’ancienne élue municipale, âgée de 85 ans. L’hémorragie pour laquelle elle avait été conduite à l’hôpital, le 18 juillet, a été stoppée, et elle a pu bénéficier de deux transfusions avant de signer une décharge pour rentrer chez elle, le 23 juillet. Mais elle ignore toujours la cause exacte des saignements intestinaux dont elle a souffert – « peut-être une intolérance à un médicament », lui a expliqué le néphrologue qui la suit pour son insuffisance rénale. Durant les six jours et cinq nuits qu’elle a passés sur un brancard, aux urgences, les examens n’ont pas pu aller aussi loin que nécessaire, rapporte-t-elle. « Il aurait fallu que je subisse fibroscopie, coloscopie et rectoscopie mais sans anesthésie. A vif… Il n’y avait pas de lit d’hospitalisation, mais pas non plus d’anesthésiste. Dans ces conditions, j’ai refusé. » Un médecin – « rassurant, bienveillant, humain, et désolé de ma situation, comme tous les internes, infirmiers, aides-soignants ou brancardiers que j’ai pu croiser », insiste-t-elle – a réussi à la persuader d’accepter une rectoscopie en prenant un « léger décontractant ». « Des anges en enfer » : c’est l’expression que l’ancienne professeure d’allemand emploie pour rendre hommage aux soignants, et le titre qu’elle a donné au texte écrit à sa sortie des urgences. Un récit qui a fait le tour des médias. « Je ne veux pas qu’on puisse penser que les soignants sont le problème. Au contraire, c’est grâce à eux que j’ai tenu, et surmonté ma peur, ma gêne… Ils subissent, comme les patients, la situation. Le problème les dépasse, car il est ailleurs, dans les économies faites sur le dos de la santé et la financiarisation du secteur », fait valoir celle qui fut adjointe du maire socialiste d’Orléans (1989-2001) Jean-Pierre Sueur, dans les années 1990. Il vous reste 41.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Nino-Anne Dupieux, « patiente brancard » aux urgences d’Orléans pendant six jours : « C’est grâce aux soignants que j’ai tenu »
Du 18 au 23 juillet, cette femme âgée de 85 ans est restée six jours et cinq nuits sur un brancard, faute d’un lit disponible dans le service correspondant à sa pathologie. Des « investigations sont en cours », assure le centre hospitalier.







