L’ONU, l’UE et le Japon ont apporté mercredi leur soutien à la présidente de la Cour pénale internationale, la Japonaise Tomoko Akane, après les sanctions américaines prises contre elle dans le cadre d’une offensive de Washington qui considère l’institution « politisée ».Ces sanctions, annoncées la veille par les États-Unis, visent également le substitut du procureur de la CPI, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye, interdisant notamment aux juges d’entrer dans le pays et bloquant toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale.« Les nouvelles sanctions inacceptables imposées par les États-Unis à l’encontre de la présidente de la Cour pénale internationale et d’un membre du parquet doivent être levées », a demandé le Haut-Commissariat de l’ONU sur X, au lendemain de cette nouvelle offensive américaine contre la CPI.La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont également affirmé soutenir « fermement » Tomoko Akane, « qui doit être capable d’agir en toute indépendance et sans pression extérieure ».Tokyo, principal contributeur au financement de la CPI et proche allié des États-Unis, a déploré mercredi des mesures « très regrettables » dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.« Le Japon a constamment soutenu la CPI […] dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale et à faire respecter l’État de droit », rappelle le document.L’Allemagne a aussi affirmé qu’il était d’une « importance centrale de défendre et de protéger la CPI en tant qu’institution indépendante ». « Nous soutenons la CPI ainsi que sa présidente », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Ces nouvelles sanctions américaines « sapent l’État de droit » et constituent une « attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale », a dénoncé de son côté la CPI dans un communiqué.« Ces personnes ont participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans un communiqué, sans citer d’exemples.« Juridiction corrompue »Les États-Unis, qui n’adhèrent pas au traité international ayant institué la CPI, basée à La Haye aux Pays-Bas, ont imposé des sanctions visant plusieurs magistrats de la Cour. Mais ils ne s’en étaient pas encore pris à sa présidente.Ces sanctions constituent principalement une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l’encontre d’Israël, allié des États-Unis. La Cour a lancé en 2024 un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, à cause de la guerre à Gaza.Après l’annonce des sanctions américaines, ce dernier a félicité sur X « Marco Rubio pour avoir mené les efforts résolus du gouvernement Trump contre les abus illégitimes de la CPI, et pour avoir clairement indiqué que les responsables corrompus qui dirigent la CPI devront en assumer les conséquences ».Washington a lancé le mois dernier une offensive diplomatique majeure contre la CPI, l’accusant de « menacer » les Américains et faisant pression sur ses partenaires pour qu’ils s’en retirent.Le Tchad et le Venezuela, proche de Washington depuis la capture du dirigeant Nicolas Maduro, ont récemment emboîté le pas en annonçant leur intention de quitter la CPI. M. Rubio s’est dit confiant dernièrement que d’autres pays suivraient.Le gouvernement Trump « a été clair : la CPI est une juridiction supranationale corrompue et gravement politisée qui a abusé de son autorité de manière malveillante et outrepassé son mandat », a dénoncé Marco Rubio.
L’ONU, l’UE et le Japon soutiennent la CPI après les sanctions de Washington contre sa présidente
Tokyo déplore des mesures «très regrettables», le Haut-Commissariat de l’ONU exige qu’elles soient levées.













