Réglementer la location de courte durée d’une résidence principale, de type Airbnb, permet de limiter l’augmentation des loyers résidentiels au Canada. C’est ce que constate une récente étude menée par des chercheurs de l’Université McGill.« On a trouvé que les municipalités qui ont implémenté une réglementation sur les locations ont vu leur loyer être moins élevé comparé au scénario où elles n’auraient pas implémenté de réglementations », explique Cloé St-Hilaire, membre du groupe de recherche en politique et gouvernance urbaine de McGill, dirigé par David Wachsmuth, avec qui elle a cosigné la recherche.« Ça confirme aussi, inversement, que les Airbnb créent une pression sur les loyers au Canada », ajoute celle qui est également chercheuse postdoctorale à l’Université de Waterloo.L’étude a pris en compte des données s’étalant sur une période de six ans, entre 2017 et 2022. Les chercheurs ont analysé 798 quartiers situés au Québec, en Colombie-Britannique, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Parmi ceux-ci 309 se trouvaient dans des municipalités qui ont adopté, au plus tard le 1er janvier 2023, des exigences relatives à la location de courte durée d’une résidence principale.Effets notablesLes chercheurs constatent que les effets des réglementations se font sentir dès la première année après leur entrée en vigueur et qu’ils s’accentuent au fil du temps.En moyenne, dans les 309 quartiers concernés, les loyers étaient 24 $ moins élevés par mois la première année suivant l’entrée en vigueur des restrictions que ce qu’ils auraient été en l’absence de réglementation. Cela représente une différence de 1,7 %.Au total, les auteurs estiment que les restrictions sur les locations de courte durée d’une résidence principale ont permis aux locataires canadiens d’économiser 192,4 millions de dollars par mois en loyers en 2023.Les auteurs expliquent notamment cet effet par le mécanisme de l’offre et de la demande. Les restrictions entraînent le retour d’une partie des logements sur le marché locatif traditionnel, ce qui augmente l’offre disponible pour les locataires. Comme la pression sur le marché diminue, les loyers continuent malgré tout d’augmenter, mais moins rapidement qu’en l’absence de restrictions.L’étude révèle également des effets dans les municipalités voisines, même lorsque celles-ci n’ont pas de réglementation en place. Par exemple, « une initiative qui a lieu à Montréal peut aussi influencer le marché locatif de Longueuil », explique la chercheuse. L’effet est toutefois moins important que dans les quartiers directement soumis à une réglementation.
Réglementer la location de courte durée permettrait de freiner la hausse des loyers
C’est ce que constate une récente étude menée par des chercheurs de l’Université McGill.







