Dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal, à l’écart des propriétés cossues qui font sa réputation, se trouvent de plus en plus de locataires qui peinent à subvenir à leurs besoins. Portrait d’une victime insoupçonnée de la crise du logement.« On remarque qu’il y a des îlots de pauvreté dans des parcs locatifs divers de l’Ouest-de-l’Île », souligne Ryan Simonyik, directeur du Comité d’action des locataires de l’Ouest-de-l’Île (CALODI). « Les locataires sont laissés à eux-mêmes, sans l’accès à beaucoup de ressources pour les aider à défendre leurs droits ou à sortir de la précarité. »Le nombre de personnes ayant fait appel au service de soutien aux locataires du CALODI est passé de 389 en 2023 à 633 aujourd’hui, soit une hausse de 63 %.Une telle augmentation advient dans le contexte où un locataire sur trois de l’Ouest-de-l’Île consacre plus de 30 % de son revenu au loyer, une proportion supérieure à celle observée pour l’ensemble de Montréal, selon des données compilées par la Communauté métropolitaine de Montréal.
Camille Ranger consacre elle-même plus de 30 % de son salaire actuel au loyer. La résidente de Pointe-Claire a été accompagnée par le CALODI après que le prix de son logement fut passé de 650 $ à 855 $ en l’espace d’un an.« Je suis chanceuse, remarque-t-elle néanmoins. Je suis une des rares dans le bâtiment qui sont là depuis plus de dix ans ». Elle débourse donc un loyer moins élevé que les nouveaux venus dans son immeuble, où résident plusieurs « familles » et personnes à « salaire modique ». Celles-ci doivent allouer 1700 $ par mois pour un quatre et demie, dont le loyer était de 1000 $ l’an dernier, avant que des rénovations soient effectuées par un nouveau groupe de propriétaires, affirme la locataire.Or, les quelques immeubles résidentiels qui peuplent sa rue contrastent avec des maisons unifamiliales, prédominantes à Pointe-Claire. En 2021, les locataires de l’Ouest-de-l’Île représentaient environ 27 % des ménages, selon le dernier recensement canadien.







