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EnquêteQuelque douze millions de personnes vivent seules dans leur logement en France, et leur nombre augmente régulièrement. Le parc résidentiel n’est pas adapté à cette évolution, amplifiant l’effet de la crise de l’immobilier sur ces ménages.

La canicule du mois de mai a constitué le point de bascule. Jeanne (les personnes citées par leur prénom souhaitent conserver l’anonymat), 31 ans, cadre en ressources humaines dans un groupe agro-alimentaire, a décidé de quitter le studio de 20 mètres carrés dans le 15e arrondissement de Paris où elle vit depuis quatre ans. « J’ai une seule fenêtre pour tout l’appartement, que je ne peux même pas ouvrir la nuit pour des raisons de sécurité parce que j’habite au premier étage, et je n’ai pas de volets. Donc j’ai traversé la vague de chaleur dans une véritable bouilloire thermique », explique la jeune femme, qui a répondu à un appel à témoignages lancé par Le Monde.

Avec son salaire mensuel de 3 800 euros brut et un bon garant, elle cherche un 26 mètres carrés dans le même quartier, avec un loyer maximum de 1 200 euros. Elle a répondu à dix annonces, elle n’a jamais été rappelée. « Je me sens cornérisée, la concurrence est tellement forte ! Ce serait beaucoup plus facile à deux, avec deux fois mon salaire, mais je suis seule, et j’ai un sentiment de double peine, dit-elle. On en vient à chercher un conjoint pour trouver un appartement à Paris. » La jeune femme envisage de s’inscrire sur un site de rencontre « pour pouvoir [se] loger, c’est dingue ». « Mais je me connais, je n’arriverai pas à emménager avec quelqu’un dont je ne suis pas amoureuse. »