Andras Baka, candidat unique du parti Tisza à la présidence de la République de Hongrie, lors de la séance plénière extraordinaire du Parlement, à Budapest, le 11 août 2026. ZOLTAN BALOGH/MTI VIA AP

Le Parlement hongrois, monocaméral, a élu Andras Baka comme chef de l’Etat, mardi 11 août. Il a recueilli 140 voix pour, six contre et aucune abstention alors que le Parlement est dominé par le parti au pouvoir pro-européen Tisza, qui détient la majorité des sièges. En Hongrie, le président occupe une fonction essentiellement protocolaire, le pouvoir exécutif réel revenant au premier ministre.

Andras Baka succède à Tamas Sulyok, allié de Viktor Orban et dont Péter Magyar, nouveau premier ministre conservateur et pro-européen investit en avril, a écourté le mandat par un amendement constitutionnel. Cette destitution s’inscrit dans la volonté de M. Magyar de desserrer l’emprise de son prédécesseur sur les institutions d’Etat, après avoir mis fin aux seize années de pouvoir du dirigeant nationaliste lors des dernières élections législatives.

Connu comme « le juge qui a dit non » à Viktor Orban, Andras Baka, 73 ans, avait été destitué de la présidence de la Cour suprême du jour au lendemain, en 2012, pour avoir dénoncé comme une purge déguisée de la magistrature l’abaissement de l’âge de départ à la retraite des juges, ramené de 70 ans à 62 ans. La Cour de justice de l’Union européenne a eu beau juger cette loi contraire au droit communautaire, Viktor Orban n’avait pas reculé. La Cour européenne des droits de l’homme a donné raison à Andras Baka en 2014, estimant que la mise à l’écart de cette personnalité avait pour objectif d’intimider le corps judiciaire.