Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Les douleurs des vacances L’épisode 5 sera disponible prochainement. Les douleurs des vacances L’épisode 5 sera disponible prochainement. Chronique Guillemette Faure « Les douleurs des vacances » (4/7). Au bord de la piscine, le drap de bain posé sur un transat vide vaut titre de propriété. La course à la privatisation commence donc dès l’aube et peut parfois aller jusqu’au tribunal. Une situation alarmante pour les établissements touristiques. Publié aujourd’hui à 16h12 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Au début de l’été, un touriste anglais s’est filmé dans un hôtel de Majorque répandant du poil à gratter sur des serviettes posées sur des transats vides. Les millions de vues et les bravos récoltés sur TikTok en disaient long sur la rancœur de ceux qui ne parviennent pas à mettre la main sur une chaise longue. Au moment d’aller à la piscine, elles sont toutes prises. Pas par des gens, par des serviettes marquant le territoire de clients absents et offrant le spectacle absurde d’une piscine vide entourée de transats réservés par des vacanciers partis prendre leur petit déjeuner, acheter des souvenirs ou se recoucher. Qu’un tel objet soit une ressource rare n’a rien d’étonnant : un hôtel ne peut évidemment pas installer autant de ces supports à sieste qu’il héberge de clients. Dans un « all inclusive », si chaque vacancier voulait simultanément s’allonger au bord de l’eau, il faudrait transformer les alentours de la piscine en parking à transats. Cette pénurie structurelle qui explique le dawn dash (« le sprint de l’aube ») est aujourd’hui un genre à part entière sur les réseaux sociaux (#SunBedWars) : depuis leur balcon, des touristes filment la course de vacanciers en claquettes vers les transats, serviette à la main. A la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air, on constate que le phénomène de la « serviette ventouse », autrefois propre aux clubs à l’étranger, touche désormais certains grands parcs aquatiques des campings français. Leurs gestionnaires tentent de lutter contre ce réflexe de « privatisation » des transats. Car, en vacances, la serviette posée vaut titre de propriété. Il vous reste 62.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.