Elon Musk a promis la lune aux actionnaires de SpaceX. Le 5 août, le fondateur de l’entreprise aérospatiale américaine a atteint son but par inadvertance. Un étage de la fusée Falcon-9, qui errait dans l’espace depuis plus d’un an, s’est écrasé sur la surface de la Lune à 9 000 kilomètres à l’heure. Alors que la valorisation de SpaceX a perdu près de 1 500 milliards de dollars (1 297 milliards d’euros) depuis le sommet atteint après son introduction en Bourse du 12 juin, l’entreprise offre ainsi malgré elle une illustration de ses excès : elle sait manifestement viser très haut, mais la trajectoire manque parfois de précision pour transformer ses ambitions en profits.

Car c’est bien cette question que les marchés commencent à poser, après s’être laissé séduire par le récit proposé par M. Musk. L’introduction en Bourse avait consacré SpaceX comme la nouvelle incarnation du rêve technologique. Les investisseurs avaient acheté davantage une vision du futur qu’une simple entreprise.

Le plus étonnant est que l’euphorie n’est pas retombée chez tout le monde. Malgré la publication de pertes nettes et de dépenses colossales consacrées au développement de l’intelligence artificielle, les particuliers continuent d’acheter le titre, considérant que la chute de l’action sous son prix d’introduction constitue une occasion de se renforcer.