La saison des festivals se poursuit dans la métropole avec l’unique événement consacré à la musique hip-hop, Harlem of the North, au parc Angrignon les 8 et 9 août. Le festival, gratuit et communautaire, met en vedette les artistes new-yorkais Lloyd Banks et Lola Brooke, et rendra hommage à un pionnier du rap montréalais, le MC Chuck Ice, « qui est né et a grandi à ville LaSalle, et qui a représenté la scène locale à l’échelle canadienne et américaine », rappelle en entrevue avec Le Devoir l’organisateur en chef du festival, Kevin Calixte.Le prix hommage qui sera décerné samedi à Chuck Ice pour sa contribution au rayonnement du rap québécois souligne que le devoir de mémoire est à l’origine même du jeune festival, créé à l’été 2023.

Cet été-là, les grandes métropoles américaines, à commencer par New York, soulignaient le 50e anniversaire de la musique rap. Chez nous, Kevin « Keke » Calixte, entrepreneur et coanimateur du populaire balado Rapolitik, organisait pour l’occasion au parc Vinet, dans Le Sud-Ouest, le Hip-hop Block Party du 50e anniversaire au parc Vinet, profitant de l’occasion pour souligner le 25e anniversaire de la parution d’un classique de la discographie rap québécoise, Armageddon, du duo Rainmen, serti de la chanson Pas d’chilling.Or, ce qui ne devait être qu’un simple événement est en train de prendre la forme d’un festival célébrant la culture hip-hop à Montréal, raconte l’organisateur en chef de ce qui s’appelle aujourd’hui Harlem of the North, par référence au surnom « Harlem du Nord », jadis donné au quartier de la Petite-Bourgogne.« Les gens m’ont tellement écœuré l’année suivante pour que j’en organise un autre ! » rigole Keke, qui a ensuite invité le légendaire Ghostface Killah (du Wu-Tang Clan), Waka Flocka Flame et DJ Whoo Kid, puis, cette année, le vétéran Lloyd Banks, cofondateur, avec 50 Cent et Tony Yayo, du collectif new-yorkais G-Unit, et la jeune rappeuse Lola Brooke.Un projet communautaireAux antipodes des grands rendez-vous musicaux du Quartier des spectacles et du parc Jean-Drapeau, Harlem of the North est devenu un projet communautaire tenu à bout de bras par une petite équipe, « des amis, des bénévoles qui donnent de leur temps, qui s’investissent dans la réussite du projet, soutient Calixte. Cette fête leur appartient, et ce qu’on apprécie aussi, c’est qu’elle se tient dans des quartiers plus éloignés ». Le festival a d’abord eu lieu dans La Petite-Bourgogne, puis dans un parc de Côte-des-Neiges lorsque le parc Vinet subissait des rénovations. Les parcs choisis, situés dans l’ouest de la métropole, permettent aussi d’inviter les francophones à faire la fête dans des secteurs plus traditionnellement anglophones : « C’est ça, la vision derrière le projet : rassembler la communauté hip-hop montréalaise, toutes langues confondues. »