L’arrivée prochaine à Sainte-Agathe-des-Monts de La Hutte, un organisme qui offre des logements supervisés et une série de programmes de soutien aux personnes itinérantes, suscite de grands espoirs dans le nord des Laurentides, où l’itinérance prend de l’ampleur.Cet immeuble permettra d’héberger 40 personnes — 28 dans des places de transition et d’urgence ainsi que 12 dans des studios avec accompagnement. L’un des piliers du projet est la création de logements destinés aux jeunes adultes quittant les services de protection de la jeunesse. Une halte-chaleur sera aussi offerte.La Hutte a fait ses preuves depuis une vingtaine d’années avec ses centres d’hébergement, qui sont accompagnés d’une panoplie de services, pour les gens vulnérables à Terrebonne, à Joliette et à Saint-Jérôme.« L’arrivée de La Hutte à Sainte-Agathe est une bonne nouvelle pour la région, parce que cet organisme aide les gens à sortir du cercle de l’itinérance », souligne la mairesse de Sainte-Adèle, Nadine Brière.La petite ville de 15 500 habitants est sur la ligne de front de la lutte contre l’itinérance depuis l’ouverture d’une halte climatique en novembre dernier. Plus d’une centaine de personnes sont passées par la halte L’Escale depuis neuf mois, ce qui crée un inconfort parmi la population. Mais la solidarité est aussi présente : des résidents apportent des biscuits et des plats cuisinés pour les pensionnaires de la halte climatique, a constaté Le Devoir.Mme Brière estime que la région a besoin d’une ressource comme La Hutte, qui aide les sans-abri à sortir de la rue et les accompagne jusqu’à ce qu’ils puissent habiter en toute autonomie dans un logement. La mairesse se montre critique de la halte climatique installée au cœur de Sainte-Adèle, qu’elle compare à un simple « pansement ».Une première étape vers le logementÉlise Gauthier, chargée de projet à la Maison Lyse-Beauchamp, de Mont-Laurier, qui a mis en place la halte climatique de Sainte-Adèle, se fait rassurante : « La halte n’est que la première étape dans un continuum de services beaucoup plus vaste », indique-t-elle.La Maison Lyse-Beauchamp offre tous les services qui visent à ramener les personnes itinérantes vers une vie en logement, insiste Élise Gauthier. Elle a d’ailleurs présenté à Sainte-Adèle un projet de 30 logements sociaux supervisés, mais la mairesse l’a rejeté.Nadine Brière confirme qu’elle préfère la stratégie de La Hutte, qui donne des résultats probants, selon elle. La mairesse de Sainte-Adèle déplore que la halte climatique ouvre ses portes à des consommateurs de drogues dures ; elle considère que cette pratique nuit au climat social.« On reçoit les personnes qui tombent entre les craques du plancher », dit Élise Gauthier. La halte accueille certains sans-abri « désaffiliés », ceux qui refusent habituellement de se faire aider ou de fréquenter les services sociaux. « Notre seuil de tolérance est peut-être plus élevé [envers la consommation de drogues], mais les usagers n’ont pas le droit de consommer à la halte. On a fait des expulsions. »La consommation de drogues dures à Sainte-Adèle a commencé bien avant l’ouverture de la halte climatique, rappelle cette intervenante communautaire depuis 13 ans. « Il y a beaucoup de lieux de “squattage” fréquentés par des gens qui consomment », explique-t-elle.« Pénurie critique de logements abordables »Élise Gauthier se réjouit, elle aussi, de l’implantation de La Hutte à Sainte-Agathe. « Ce sont de bons partenaires. On va être complémentaires », dit-elle.François Savoie, directeur général de La Hutte, confirme être en contact avec tous les intervenants en itinérance de la région. La Hutte de Saint-Jérôme réserve 10 lits pour les personnes vulnérables du nord des Laurentides. Un nombre insuffisant compte tenu de la hausse de 74 % du nombre d’itinérants dans la région, selon le décompte mené en 2025 ; 289 résidents vivent à l’extérieur sur le territoire.« Le futur établissement de Sainte-Agathe répondra à des besoins urgents dans une région qui fait face à une pénurie critique de logements abordables », souligne-t-il.
De l’aide pour itinérants attendue avec impatience dans les Laurentides
L’organisme La Hutte s’apprête à construire un centre d’hébergement à Sainte-Agathe-des-Monts.










