Les résidents de Sainte-Adèle, dans les Laurentides, n’avaient jamais vu ça : des dizaines de personnes itinérantes sont venues s’installer dans cette petite ville sans histoire depuis l’ouverture, en novembre dernier, d’une halte climatique destinée à aider les sans-abri de la région à survivre à l’hiver. Le refuge est devenu permanent en raison de l’ampleur de la crise du logement.La halte L’Escale s’est établie dans un local anonyme du boulevard de Sainte-Adèle, l’artère principale de la municipalité de 15 500 âmes. Ironie du sort, ce havre pour les sans-abri est situé en face d’un immeuble tout neuf de quatre étages offrant des appartements « de luxe ». Un logement de deux chambres est annoncé à 2480 $ par mois.
En cette journée pluvieuse de juillet, le calme règne dans le refuge pour sans-abri. Florence Ranallo, coordonnatrice de la halte climatique, nous reçoit dans son bureau aux étagères garnies de trousses de premiers soins, de médicaments (dont la naloxone, pour les surdoses d’opioïdes) et d’ours en peluche donnés par des pensionnaires.« Je ne sais pas qui a les moyens de payer un loyer dans l’immeuble d’en face. Les logements sont rendus tellement chers dans la région. C’est pour ça qu’on a ouvert nos portes : pour bien du monde, c’est devenu impossible de se loger », dit la jeune femme de 23 ans en soupirant.







