Le ministère canadien de la Défense nationale a retiré au français son statut de langue de travail dans environ 180 de ses unités et organisations bilingues. Parce que ceux-ci « éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques », une « nouvelle approche en matière de langue de travail » a été adoptée, a annoncé sans fanfare le ministère sur son site internet.« Afin de mieux répondre aux exigences de la Loi sur les langues officielles (LLO) et de favoriser un environnement de travail respectueux des droits linguistiques de tous, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes ont adopté une nouvelle approche en matière de langue de travail », lit-on dans l’infolettre publique du ministère publiée lundi dernier.La directive est entrée en vigueur en janvier 2025. Selon les chiffres les plus récents, ce sont quelque 180 unités ou organisations bilingues qui, en raison de la nouvelle directive, ont perdu leur statut en ce qui a trait à la langue de travail.On peut penser, par exemple, au Collège militaire royal du Canada qui a annoncé à ses membres en mai dernier que l’anglais devenait l’unique langue de travail entre ses murs, malgré une « tradition de bilinguisme ».« Plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entraînait des plaintes fondées et de la frustration », explique le ministère. Pour « remédier à cette situation », « la langue de travail est désormais déterminée principalement en fonction de la région où se trouve l’organisation ou l’unité ».À l’extérieur du Québec, seules les unités qui se trouvent au Nouveau-Brunswick et dans quelques secteurs de l’Ontario sont encore bilingues.Les réunions internes, les communications et les documents, les instruments de travail, la supervision des employés, l’évaluation du rendement, la formation et les services personnels doivent tous être offerts en anglais. « Bien que les obligations linguistiques varient selon la région, les organisations et unités situées dans des régions unilingues sont encouragées à aller au-delà des exigences minimales lorsque les circonstances le permettent », précise le ministère.Les services aux militaires et à leurs familles, quant à eux, continueront d’être offerts dans les deux langues officielles, de même que les services au public.
Fini le français au travail dans une centaine de bureaux de la Défense
Les plaintes recevables envers le ministère ont augmenté dans les dix dernières années.
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