Le gouvernement fédéral a ordonné un audit financier des transactions et des activités d’un organisme chargé des langues autochtones après avoir reçu des plaintes anonymes.Patrimoine canadien n’a pas donné de précisions sur les allégations portées contre le Bureau du commissaire aux langues autochtones, qui a été créé il y a cinq ans, à la suite d’une recommandation de la Commission de vérité et réconciliation.« Patrimoine canadien a informé le commissaire aux langues autochtones qu’il avait reçu des allégations anonymes et a mandaté un cabinet tiers indépendant pour mener un examen extraordinaire en vertu de la Loi sur les langues autochtones », a déclaré le ministère dans un courriel.Il a précisé que cet examen permettrait de vérifier si les « livres, registres, systèmes et pratiques » du bureau sont conformes aux normes prévues par la loi. Il n’a pas donné d’échéancier ni indiqué quand cet examen pourrait être terminé.Une demi-douzaine de sources, dont d’anciens employés, affirment qu’au cours de ses cinq années d’existence, le bureau n’a pas réussi à faire avancer les choses en matière de renforcement des langues autochtones et de soutien à la recherche. Au contraire, selon elles, le bureau s’est concentré sur de nombreux déplacements et l’organisation d’une grande conférence.Le bureau a dépensé environ 10 millions de dollars pour organiser une conférence de quatre jours à Ottawa l’année dernière.Une conférencière ojibwée très respectée, invitée à l’événement, se dit peu impressionnée.« Je ne pense pas qu’ils savaient ce qu’ils faisaient. Je pense qu’ils avaient tout cet argent, et que la chose la plus spectaculaire à faire était d’organiser une grande conférence », dit Patricia Ningewance, professeure agrégée en études autochtones à l’Université du Manitoba.Elle précise que le bureau du commissaire avait pris en charge toutes ses dépenses, bien qu’elle ne soit pas certaine du montant total.Selon la Pre Ningewance, la conférence aurait pu être plus fructueuse si les groupes avaient été regroupés par langues communes, afin de pouvoir formuler des recommandations concrètes sur la manière de les préserver. Elle n’a reçu aucune information de suivi sur ce qui a été accompli, a-t-elle ajouté.Cet argent aurait pu être mieux dépensé ailleurs, juge-t-elle. « Pouvez-vous imaginer, avec cette somme d’argent, combien d’étudiants auraient pu apprendre à parler couramment une langue ? »
Le commissariat aux langues autochtones fait l’objet d’un audit financier
Des employés dénoncent un environnement toxique, des projets inachevés et des départs motivés par la frustration.












