Publié le 03 août 2026 à 23:08. / Modifié le 03 août 2026 à 23:09.
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A l’heure où Le Temps publie chaque jour des «Jeux d’été» pour amuser ses lecteurs et exercer leur souplesse mentale, Timothée Léchot nous invite à remonter aux origines des sudokus, mots mystérieux et autres anagrammes publiés dans la presse. Son parcours commence au XVIIe siècle avec le Mercure galant, premier périodique qui ouvre ses colonnes aux énigmes, charades et devinettes en vers, et s’achève au XXe siècle avec l’invention des mots croisés.Erudite et savante, la recherche de Timothée Léchot sur la presse d’Ancien Régime prend aussi en compte la dimension anthropologique des jeux de chiffres et de lettres. Inventer des énigmes, calembours, logogriphes ou acrostiches, c’est s’adonner à une pratique frivole et sérieuse, gratuite et exigeante qui remonte aux dieux de l’écriture, des échanges ou du commerce – Thot, Hermès et Mercure. Jamais les dieux n’ont été classiques: ce qu’ils ont à dire – volontés ou oracles – ne s’énonce ni clairement ni aisément. Les hommes se sont faits herméneutes pour comprendre les textes sacrés, et se sont à leur tour exercés à l’écriture cryptée ou hermétique, par jeu et pour le plaisir.






