Des témoignages recueillis par l’Agence France-Presse (AFP) et plusieurs experts suggèrent qu’un allègement des contrôles marocains dans la zone frontalière de Ceuta a favorisé la crise migratoire sans précédent qu’a connue l’enclave espagnole. Quels intérêts Rabat aurait-il pu chercher à défendre ?
Le Maroc a-t-il volontairement relâché ses contrôles ?Des migrants refoulés ont affirmé qu’aucun barrage renforcé n’avait été déployé sur les deux routes menant à Fnideq, localité de 77 000 habitants jouxtant Ceuta.Et une source proche des opérations sécuritaires a fait état à l’AFP « de contrôles de gendarmerie normaux, pas de déploiement exceptionnel » pouvant gérer l’afflux de milliers de personnes.Pierre Vermeren, chercheur spécialiste du Maghreb, souligne que la police marocaine est « très efficace, très organisée et très bien informée ». Si elle avait voulu empêcher les jeunes d’arriver, soutient-il, elle « pouvait bloquer les routes ».« Nous avons constaté que le dispositif sécuritaire avait été allégé » et que « les renforts (policiers) ne sont arrivés que jeudi vers 19h (18h GMT) », renchérit Mohamed Benaissa, président de l’Observatoire du nord pour les droits humains, basé dans la région.Aucune preuve d’une décision prise au sommet de l’État marocain n’a émergé à ce stade.











