Le patron de la plateforme Hugging Face, victime d’une cyberattaque autonome de la part de deux modèles d’intelligence artificielle (IA) d’OpenAI, a estimé vendredi que les entreprises à l’origine de ces IA devaient pouvoir être poursuivies pour ces intrusions.Mi-juillet, deux modèles d’OpenAI sont sortis de leur propre initiative, lors d’une phase de tests, de leur milieu confiné pour s’aventurer sur Internet, où ils ont attaqué Hugging Face, site de référencement d’IA.Il apparaît qu’OpenAI ne s’est rendu compte de l’incident qu’après sa conclusion, Hugging Face parvenant à circonscrire l’intrusion grâce à un modèle chinois.Interrogé vendredi par la chaîne CNN, Clément Delangue, patron de la jeune pousse franco-américaine, a écarté l’éventualité d’une procédure judiciaire contre OpenAI.« Nous sommes une petite start-up de 200 personnes et nous n’avons ni les moyens financiers ni le temps » de chercher à obtenir réparation devant les tribunaux, a déclaré le patron d’Hugging Face.« Mais nous devons nous assurer que ces faits sont considérés comme illégaux », a-t-il exhorté. « Il faut se rappeler qu’une cyberattaque est une infraction, que c’est illégal. »Si une entreprise peut théoriquement être déclarée responsable des agissements de son IA en autonomie, aucune condamnation n’a encore été prononcée dans ce domaine.Selon des juristes, des victimes pourraient faire valoir la négligence dans la conception du produit ou une faute délibérée, c’est-à-dire le fait d’ignorer des risques connus.