Les rainettes grises africaines à nid de mousse Chiromantis xerampelina sont courantes dans les savanes et les forêts sèches du sud-est de l'Afrique. À première vue, elles semblent ordinaires. Pourtant, ces petits animaux présentent certains des comportements reproductifs les plus intrigants connus de la science. Les femelles sont notamment très polyandres. Elles construisent des nids de mousse bien élaborés et s'accouplent avec de nombreux partenaires mâles différents au cours d'une même saison de reproduction.
Jusqu’aux années 1990, les biologistes évolutionnistes pensaient que la polyandrie était extrêmement rare dans la nature. Le fait d’avoir un seul partenaire sexuel, la monandrie, était considéré comme la norme. Cependant, avec l’avènement des techniques moléculaires permettant de tester la paternité, il est rapidement apparu que les femelles d’une grande diversité de groupes animaux (des punaises de lit aux baleines bleues) s’accouplaient systématiquement avec plusieurs mâles au cours d’une saison de reproduction. Comprendre l’intérêt de la polyandrie est rapidement devenu une problématique à résoudre pour les biologistes de l'évolution.
Au cours des dernières décennies, des études et des expériences de terrain menées par des écologistes du comportement ont montré que les femelles polyandres peuvent en tirer plusieurs avantages. S’accoupler avec plusieurs mâles peut garantir la fécondation des œufs, assurer un apport supplémentaire en nutriments ou des soins parentaux aux petits, ou encore accroître la diversité génétique de la progéniture. Cela peut rendre la progéniture plus résistante aux défis futurs.






