Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Algérie Algérie Algérie Tribune Zoheir Rouis Vice-Président du parti politique algérien Jil Jadid En Algérie, l’abstention lors des élections législatives du 2 juillet a été de 79 %. Dans une tribune au « Monde, l’homme politique algérien Zoheir Rouis souligne le risque d’une dépolitisation de plus en plus forte de la société. Publié aujourd’hui à 08h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les élections législatives algériennes du 2 juillet ont livré leur résultat. Une nouvelle majorité parlementaire se dessine autour des formations qui constituent depuis longtemps le socle politique des pouvoirs successifs. Pourtant, la composition de la future Assemblée populaire nationale n’est pas le fait majeur de ce scrutin. Bien plus déterminant est la faible participation électorale, d’à peine 21 %. Au-delà des chiffres, l’abstention massive traduit une réalité politique profonde : la difficulté persistante à reconstruire le lien de confiance entre une partie importante de la société algérienne et ses institutions représentatives. La question n’est pas celle de la légalité des institutions issues des urnes. Elle est celle de leur capacité à produire une véritable légitimité politique. Une démocratie ne se résume pas à l’organisation régulière d’élections. Elle repose aussi sur l’adhésion des citoyens au sens du vote et à l’utilité des institutions qu’ils élisent. Or de nombreux Algériens ont le sentiment que le Parlement ne dispose pas de l’influence nécessaire pour peser réellement sur les choix stratégiques de la nation. Lorsque cette perception s’installe durablement, c’est la participation elle-même qui perd progressivement sa raison d’être. Cette défiance s’inscrit dans la séquence politique ouverte par le Hirak en 2019. Ce mouvement populaire, d’abord en opposition au président Abdelaziz Bouteflika [1999-2019], exprimait une aspiration profonde à une transformation du fonctionnement des institutions et à un renouvellement de la vie politique. Il ouvrait la possibilité d’une refondation s’appuyant sur un dialogue national qui associait les différentes sensibilités politiques et la société civile. Le pouvoir n’avait alors pas saisi cette occasion. Sept ans plus tard, la mobilisation populaire a laissé place à une sorte de retrait électoral, moins spectaculaire que les manifestations de 2019 mais politiquement tout aussi significative. Il vous reste 68.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.