Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Algérie Algérie Algérie A l’approche du scrutin du 2 juillet, l’invalidation massive de candidats par l’autorité électorale suscite la colère de l’opposition. L’application controversée de l’article 200 de la loi électorale est perçue comme un outil supplémentaire de verrouillage administratif. Article réservé aux abonnés Dès la promulgation, le 23 avril, de la nouvelle loi organique n° 26-08 qui place les partis politiques sous l’étroite surveillance du pouvoir et de ses appareils sécuritaires, des voix, y compris parmi celles traditionnellement peu critiques, s’étaient inquiétées d’une extinction définitive de la vie politique en Algérie. La confirmation est venue, implacable, le 30 mai, à travers une invalidation massive des listes de candidatures aux élections législatives fixées au 2 juillet. L’article 200 de la loi du 23 avril, dont la rédaction floue laisse une large marge d’interprétation, permet à l’administration et aux services de sécurité de se livrer à un filtrage des candidatures qui a surpris par son ampleur. Les principaux partis d’opposition, dont la marge de manœuvre s’est considérablement rétrécie, dénoncent une opération de « filtrage autoritaire » et de « sélection encadrée » des futurs députés. Les décisions d’invalidation prononcées par l’Autorité nationale indépendante des élections, systématiquement validées par la justice administrative, cimentent un profond sentiment de défiance à quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne électorale, le 9 juin. Le Front des forces socialistes, plus vieux parti d’opposition du pays, a ouvert les hostilités en dénonçant une « véritable opération de purge politique » visant ses listes dans la quasi-totalité des circonscriptions, y compris à l’étranger. Même son de cloche du côté du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui fustige un « verrouillage politico-administratif assumé ». Une mort politique injustifiée Au cœur du contentieux juridique se trouve donc l’article 200 de la loi électorale. Cette disposition permet d’invalider n’importe quel candidat sur la base d’enquêtes administratives menées par les services de sécurité, sans qu’aucune condamnation pénale définitive soit nécessaire. Pour le pouvoir, il s’agit d’un outil de « moralisation de la vie publique » visant à écarter l’argent sale. Pour l’opposition, c’est une entorse flagrante au principe constitutionnel de la présomption d’innocence. Il vous reste 59.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.