« De l’hébergement d’urgence jusqu’au logement permanent. C’est vraiment ce qu’on fait ici, c’est notre vision. » À l’heure où la crise de l’itinérance des femmes âgées continue de s’accentuer, des organismes mettent en place diverses initiatives pour tenter de l’endiguer. Leur priorité : fournir un toit à ces femmes le plus rapidement possible, misant notamment sur l’approche du Logement d’abord, une initiative qui suscite un espoir grandissant, mais qui doit être adaptée à la diversité des trajectoires, selon des experts.À l’organisme Chez Doris, l’hébergement va du lit pour la nuit au logement permanent. Idem du côté du Chaînon : en plus de sa maison principale pouvant accueillir 51 femmes pour de l’hébergement d’urgence et de courte durée, l’organisme montréalais dispose de trois édifices où peuvent résider 91 femmes, dont une maison réservée aux femmes de 55 ans et plus. Il fait également affaire avec 27 propriétaires pour loger 70 femmes dans des logements privés dans le cadre de son programme Un toit pour elles, inspiré de l’approche du Logement d’abord.Le but de cette approche : « renverser la logique traditionnelle qu’on dit en escalier », explique Elisabeth Greissler, professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal. Au lieu qu’une personne itinérante suive les nombreux « paliers » qui précèdent habituellement l’obtention d’un logement permanent (refuge d’urgence, thérapie de désintoxication, logement de transition), elle accède directement à celui-ci tout en jouissant d’une aide au loyer et en étant accompagnée par une équipe de soutien.Une diversité des visagesCette méthode d’intervention a d’abord été introduite au Canada par le biais du projet Chez soi, une étude pancanadienne menée de 2009 à 2013 dans cinq villes du pays. Dans la région de Montréal, des 285 personnes itinérantes ayant bénéficié de cette approche dans le cadre du projet, 276 sont sortis de la rue. En avril 2026, un rapport de l’Institut CIRANO rappelait que cette méthode d’intervention coûtait deux fois moins cher que de laisser une personne dans la rue.Pour Sonia Côté, p.-d.g. du Chaînon, le projet Chez soi a constitué un véritable « changement de paradigme ». « Avant, on gérait l’itinérance. Maintenant, on veut y mettre fin », résume-t-elle. Le gouvernement fédéral a adopté divers programmes visant à implanter cette approche à travers sa Stratégie des partenariats de la lutte contre l’itinérance, à partir de 2014, et le programme Vers un chez soi, adopté en 2019. Au niveau provincial, son implantation s’est traduite par une bonification du programme de supplément au loyer à partir de 2015.
L’approche Logement d’abord, la clé pour aider les femmes âgées sans-abri?
L’initiative suscite beaucoup d’espoir, mais les intervenants prônent aussi l’importance d’une flexibilité des méthodes.








