Issu de prouesses technologiques, L’odyssée de Christopher Nolan est présenté comme le premier film à avoir été entièrement tourné en Imax 70 mm. Mais le travail titanesque qu’ont nécessité ses 172 minutes suscite aussi la critique : son format unique n’est diffusé que dans 41 cinémas mondialement, les autres devant se contenter du format classique. Justifiés, les reproches d’injustice ? Le Devoir se penche sur la question avec deux experts.
C’est quoi, l’Imax 70 mm ?Bien que la technologie se nomme « Imax 70 mm », L’odyssée a été tourné sur une pellicule de 65 mm. Un tirage est ensuite réalisé à partir du négatif pour engendrer un format de 70 mm destiné à la projection. Sa particularité réside dans la richesse et le caractère immersif des images à la diffusion. « L’image tournée en Imax 70 mm va être à peu près dix fois plus grande que l’image tournée en 35 mm [format classique]. Cela élargit la résolution potentielle des images, mais aussi la quantité d’informations qu’on peut prendre dans le cadre. C’est comme si l’on ouvrait une plus grande fenêtre tout à coup », explique Frédérick Pelletier, cinéaste et professeur à l’École des médias de l’UQAM.Pourquoi ce format fait-il débat sur les réseaux sociaux ?Dans une salle de cinéma ordinaire, les films ont un ratio de 2,39:1. L’image est donc un peu plus de deux fois plus large que haute. Le ratio du 70 mm d’Imax est de 1,43:1, donc l’image est plus carrée. Lorsqu’on regarde le favori du box-office sur un écran normal, les bords supérieur et inférieur du film sont coupés, ce qui entraîne une perte de détails. C’est un total de 41 salles dans le monde qui peuvent diffuser le film « dans son entièreté ». En Australie, une seule salle le permet. Au Québec, c’est seulement le Cinéma Banque Scotia, à Montréal. Notons également qu’un billet coûte autour de 25 $, soit environ 10 $ de plus que pour une séance normale.














