Valise légère ou excédent de bagage?Je voyage de plus en plus léger. Je pense que cela vient avec l’âge: on finit par comprendre qu’il ne sert à rien de tout emporter. J’aime avoir un peu de choix, mais sans trop m’encombrer. L’essentiel est de pouvoir se déplacer facilement.Quels sont tes essentiels de voyage?En été, j’emporte quelques ensembles composés d’une chemise et d’un short de ma propre marque, datant de l’époque où je faisais encore de la mode masculine. J’y ajoute quelques pièces de Rick Owens, de Dries Van Noten ou de Bottega Veneta, mes Birkenstock ultralégères, mes lunettes de soleil Henrik Vibskov x Gentle Monster, mon parfum Comme des Garçons et des produits de la nouvelle marque de beauté belge Publik. Quelques tee-shirts, chemises et shorts me suffisent.Quel livre as-tu glissé dans ta valise cet été?Je lis davantage de bandes dessinées que de romans. J’aime reprendre des albums de ma collection et les relire. Cet été, j’ai emporté un livre de Marjane Satrapi que j’avais déjà lu il y a quelques années. Je lis surtout le soir, à l’hôtel, juste avant de dormir." Il existe une véritable compréhension et un grand respect de la culture de la mode, aussi bien à Anvers qu’à Bruxelles. Cela facilite énormément les échanges, que ce soit avec les banquiers, les fabricants ou les autres partenaires."Ton hôtel préféré?J’en ai deux. Le premier se trouve au Sri Lanka: l’hôtel Kandalama. C’est un bâtiment d’environ un kilomètre de long, entièrement enfoui dans la jungle et imaginé par l’architecte sri-lankais connu Geoffrey Bawatrès. La nature y a tellement repris ses droits que l’on distingue à peine l’hôtel. L’expérience est incroyable: au loin, on peut voir des éléphants se baigner, tandis que de petits singes et des reptiles circulent partout autour de nous. On est complètement immergé dans la nature, tout en découvrant une architecture minimaliste et brute, très respectueuse de son environnement.La seconde adresse est l’hôtel Emperador à Madrid, situé sur la Gran Vía. C’est une grande artère qui vit jour et nuit et qui me fait penser au New York des années 1920. L’hôtel est assez classique, mais il possède une piscine incroyable sur le toit, avec une vue magnifique sur toute la ville, le Palais royal et les parcs. J’aime énormément l’énergie de Madrid. Les gens sortent, s’habillent bien et aiment manger. La qualité de vie y est très élevée.Tu préfères voyager seul, en duo ou en groupe?J’aime toutes les formules. J’ai fait de très beaux voyages avec des groupes d’amis, mais j’apprécie aussi les voyages en solitaire. L’été dernier, j’ai parcouru l’Europe un peu comme un touriste américain, en réservant mes transports et mes hôtels à la dernière minute. Je suis notamment passé par Amsterdam et Marseille. C’est une manière de voyager qui demande beaucoup de flexibilité, mais j’aime cette liberté qui permet de suivre ses envies au jour le jour.Est-ce facile pour toi de lâcher prise?Complétement ! Pour moi, la déconnexion commence dès le moment où je prépare ma valise. Je pense à ce que je vais porter et à ce que je vais faire. C’est aussi quelque chose qui est venu avec l’âge. Avant 40 ans, j’avais plus de mal à couper et je continuais à répondre à mes e-mails. Aujourd’hui, j’arrive vraiment à décrocher.© Bureau Rouge / Martin PiletteAimes-tu revenir de vacances?Bof! (rires) Après un voyage comme le Sri Lanka, le retour peut être un véritable choc culturel. Il me faut généralement un jour ou deux pour me replonger dans le travail. Comme je parviens à déconnecter complètement, je dois ensuite me "reconnecter". Je travaille de manière assez intense pendant toute l’année, donc j’ai réellement besoin de ces pauses. Et, très souvent, je me dis que j’aurais dû rester quelques jours de plus.Tu es installé à Anvers depuis longtemps. Cette ville a-t-elle toujours été une évidence?Je me suis installé à Anvers vers 17 ou 18 ans pour mes études, et cela fait maintenant 30 ans que j’y vis. Après mes études, j’ai travaillé pour Dries Van Noten, avant de lancer ma propre marque. J’ai toujours conservé le même appartement, soit pour y habiter, soit pour y travailler. Anvers est une ville à taille humaine, presque un petit village, où la qualité de vie est très agréable. J’adore également Bruxelles et je m’y rends deux ou trois fois par semaine. Je réfléchis même parfois à m’y réinstaller, mais mon atelier et mon équipe sont basés à Anvers.Pourrais-tu vivre à l’étranger?Pour le moment, ce serait compliqué professionnellement, puisque ma marque est installée ici. Mais pourquoi pas un jour? Il faut aussi reconnaître que nous bénéficions de beaucoup de confort en Belgique. Il existe une véritable compréhension et un grand respect de la culture de la mode, aussi bien à Anvers qu’à Bruxelles. Cela facilite énormément les échanges, que ce soit avec les banquiers, les fabricants ou les autres partenaires. Et puis, tout est proche: Paris, Amsterdam, Londres… Depuis la Belgique, il est très facile de voyager!Lire plusL’été idéal d’Inge Waeles (Restaurant Boury***)La mixologue Hannah Van Ongevalle dévoile son été idéal