02 juillet 2026 06:45Chaque semaine cet été, nous ouvrons une valise. Cette fois, celle de Kimy Gringoire, artiste et designer belge qui imagine des pièces à la croisée de l’objet, du design et de la sculpture fonctionnelle. Très liée à Mexico City, où elle a vécu et où elle prépare une prochaine exposition autour des fleurs, elle passera pourtant l’été en Belgique. Pas de grand départ, donc, mais tout un programme: travailler, dessiner, profiter de la maison avec son fils Rio (4 ans) et laisser les idées voyager à sa place.Dans la valise de Kimy Gringoire, on trouve des crayons, un sketchbook et ses essentiels pour l'été.© Martin Pilette / Bureau RougeQuel est ton programme pour cet été?Je ne pars pas vraiment. C’est plus pratique comme ça, parce que je prépare mon exposition à Mexico, qui aura lieu la dernière semaine d’octobre et la première semaine de novembre. Je dois travailler dessus. Cet été, je vais surtout dessiner, faire un peu de céramique, travailler ici. Un été plus calme, mais pas vide du tout. On s’échappera peut-être deux ou trois jours, on se laisse vivre.Cette exposition à Mexico, tu peux déjà en parler?Elle tournera autour des fleurs. Je fais toujours des sculptures fonctionnelles, et là, le narratif joue avec la fleur, ses pistils, ce moment de beauté extrême. Ce qui m’intéresse, c’est aussi l’idée qu’une fleur est parfois magnifique au moment où elle est sur le point de mourir. C’est célébrer cette beauté-là, sa partie la plus intense.Pourquoi Mexico?J’ai vécu à Mexico City de fin 2017 à 2019, pendant un an et demi. J’y ai une histoire très forte. Les fondateurs de la galerie avec laquelle je travaille, Masa, je les ai rencontrés à cette période. C’est une jeune galerie, très bien connectée, avec une vraie spécialisation dans les sculptures fonctionnelles. Et puis Mexico a un savoir-faire particulier. Là-bas, on travaille autrement. Il y a des avantages, des inconvénients, mais aussi une énergie incroyable.Ton voyage le plus mémorable?Mexico, clairement. Et le Japon aussi. Ce sont deux cultures très fortes, très différentes. À Mexico City, tout est plaisant aux yeux. La culture est tellement présente que tu sens vraiment que tu ne fais pas vraiment partie de leur monde. Et j’aime ça. La nourriture aussi: quand tu y as goûté, ça te manque après.Quand tu voyages, tu es plutôt valise légère ou grosse organisation?Très légère. Je fais toujours ma valise à la dernière minute, ce qui est un peu un problème, donc je n’ai jamais tout ce qu’il faut. Quand je pars avec des copines, elles ont souvent des choses pour moi. Mais je prends toujours mon appareil photo, mes crayons et mon passeport évidemment! (rires) Ça, je sais que je ne les oublie pas. Pour le reste, je me dis toujours que quelqu’un aura bien quelque chose à me prêter.Tes essentiels de voyage?Mon appareil, mes crayons, mon sketchbook.© Martin Pilette / Bureau RougePour toi, les vacances, c’est plutôt déconnexion totale ou découverte culturelle?Quand je parle de vacances, c’est vraiment se poser. Un beau voyage n’est pas forcément des vacances. Si je pars pour découvrir une culture, c’est autre chose. Mais les vacances, pour moi, c’est ralentir.Où vas-tu pour vraiment déconnecter?Je n’ai pas besoin d’aller très loin. On m’a beaucoup parlé de Majorque. L’année passée, on est partis en Italie, dans une maison d’amis. Ce genre de choses me suffit. Une belle maison, un petit cercle, du calme.Justement, tu voyages plutôt en tribu ou en solitaire?Petit comité clairement, ou en duo. Je ne suis pas celle qui va organiser de grandes vacances avec plein de monde. Je l’ai fait une fois et j’ai compris que ce n’était pas vraiment pour moi.© Martin Pilette / Bureau RougeUn voyage que tu aimes faire avec ton fils?Chaque année, on a une tradition : on va chez ma mère, dans le nord du Portugal, à la frontière espagnole, à environ une heure de Porto. On y passe une semaine, moi, Rio et ma maman. C’est devenu notre rituel.Arrives-tu facilement à lâcher prise en vacances?Oui, je peux lâcher prise. Mais quand tu fais du design, tout reste toujours un peu lié à une idée que tu as en tête. Ce n’est pas comme si j’avais des fichiers Excel à gérer ou des appels constants. Mais les idées, elles, sont toujours là.Une adresse secrète à partager?Il y a un endroit près de Mexico City, à Valle de Bravo, où tout le monde va. C’est chic, très beau, très nature. Un ami a un lieu là-bas qui s'appelle Mi Cielo, un endroit incroyable. Ce n’est pas le genre d’adresse qu’on trouve sur Booking. C’est un paradis. Les toilettes sont sèches, mais tout est parfaitement entretenu. Les personnes qui y travaillent participent à l’écosystème du lieu. Ce n’est pas juste un service, c’est une manière d’habiter l’endroit. C’est sublime.Retournes-tu souvent en Corée?J’y suis allée souvent auparavant, mais aujourd’hui, je dois être honnête: Tokyo m’appelle plus que Séoul. Néanmoins, depuis que j’ai Rio, j’ai envie de retourner en Corée avec lui, d’une autre manière. J’aimerais qu’il découvre aussi ce pays, sa culture, ses visages, et qu’il se rende compte qu’il existe des endroits où l’on se ressemble autrement. En Belgique, il n’est pas entouré de Coréens, à part moi, donc j’aimerais qu’il découvre ça.Aimes-tu rentrer en Belgique après un voyage?Depuis que j’ai mon fils, oui. Avec un enfant, les choses changent. Aujourd’hui, je suis plus calme. J’apprécie de revenir aux habitudes, d’être posée à Bruxelles.Lire plusÀ Knokke, Ralph Nollet crée une œuvre d'art à partir des déchets les plus chics du paysBruxelles côté nuit : nos plus belles adressesParis à table : nos adresses favorites