Il a souvent été reproché à Donald Trump de renoncer à ses projets quand l’adversité se fait trop vive. De ce pragmatisme de circonstance est née l’expression « Trump always chickens out » (« Trump se dégonfle toujours »). Sur les droits de douane, le président des Etats-Unis a, au contraire, choisi de s’obstiner. Alors que la Cour suprême a invalidé, en février, les taxes commerciales décidées moins d’un an auparavant, il relance une offensive douanière dont l’efficacité économique demeure tout aussi douteuse. Depuis le 24 juillet, des surtaxes de 10 % à 12,5 % frappent les importations en provenance de 60 partenaires commerciaux, dont l’Union européenne (UE). L’obsession de frapper les importations demeure, seule la justification change.

La Maison Blanche invoque désormais le travail forcé. Elle reproche à plusieurs pays de ne pas lutter suffisamment contre les produits issus de chaînes d’approvisionnement exploitant des travailleurs. L’objectif est légitime. Mais l’instrument paraît pour le moins singulier, tant les critères retenus sont flous et les accusations peu étayées. L’UE dispose de règles parmi les plus exigeantes au monde en matière de vigilance des entreprises et de lutte contre le travail forcé.