Ram Charan (Alluri Sitarama Raju) et N. T. Rama Rao Jr. (Komaram Bheem) dans « RRR », de S.S. Rajamouli. 2022 ARKA MEDIAWORKS PROPERTY

C’est un été « rajamoulien » qui se donne libre cours en France : brûlant, incongru, extravagant, proposant un climat encore jamais vu sous nos latitudes. Koduri Srisaila Sri Rajamouli, 53 ans et 12 longs-métrages réalisés depuis 2001, est devenu ces dernières années un phénomène du cinéma indien, piquant la curiosité du marché international avec des films fabriqués dans l’Etat méridional de l’Andhra Pradesh, dialogués en telugu (mais doublés notamment en hindi) qui battent en matière d’excentricité le cinéma bollywoodien de Bombay.

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Après la ressortie de l’extrêmement barré Eega la Mouche vengeresse (2012) le 24 juin, voici qu’on nous propose en salle, à partir de mercredi 29 juillet, son dernier long-métrage, RRR (2022), à si possible ne pas confondre avec son quasi-homonyme RRRrrrr !!! (2003), polar préhistorique d’Alain Chabat. Il s’agit plutôt ici d’une vaste fresque panindienne sur la libération du pays du joug de l’Empire britannique, financée à hauteur de 72 millions de dollars (63 millions d’euros). RRR s’entendant alors comme Rise, Roar, Revolt (« soulèvement, rugissement, révolte ») – paradoxalement dans la langue des colonisateurs dont les héros du film cherchent à s’émanciper.