Montréal, 19 décembre. La métropole s’efface sous les bourrasques d’une tempête de neige. Au restaurant Rosaire, où une dizaine de clients dégustent leur petit-déjeuner, un homme, Philippe, et une femme, Rosie, échangent un sourire. Puis, un coup de feu retentit. Le temps s’arrête.Cachés sous les tables, Philippe et Rosie s’accrochent au regard de l’autre, entendent les échanges entre le meurtrier et sa cible, suivis de deux autres coups de feu. Quelque temps plus tard, lors de l’arrivée des policiers, les deux inconnus attendent de témoigner, main dans la main, tentant ensemble d’appréhender l’indicible.Six heures plus tôt, à Paris, un jeune acteur s’apprête à tourner sa première scène au cinéma — un règlement de comptes. Dès lors se déploie une incroyable mosaïque humaine, dans laquelle s’entremêlent les destins de personnages que rien ne semblait lier.
Avec Rédemptions, un film choral ambitieux et bouleversant, Luc Picard signe son œuvre la plus aboutie. Le scénario, inspiré notamment de chefs-d’œuvre comme Magnolia (1999), de Paul Thomas Anderson, et Babel (2006), d’Alejandro Gonzalez Iñárritu, donne le ton. Enchevêtrement spatiotemporel complexe, le récit implique une demi-douzaine de personnages dispersés entre Paris et Montréal, et touchés de près ou de loin par le double meurtre, qui sert ici de catalyseur.Une prestation impeccableAu moyen d’astucieux jeux de regard et effets de miroir, le cinéaste s’entête à démontrer que la beauté, la solidarité et l’amour peuvent triompher même des plus grandes violences. Certes, le message n’a rien de bien original, et certaines situations manquent de peu le cadre de la crédibilité, mais la mise en scène et le montage très soignés compensent ces imperfections.










