Il y a une quinzaine d’années, une fusillade a éclaté dans le restaurant d’un ami de Luc Picard ; un règlement de compte qui a pris les allures d’un double meurtre. En écoutant le récit que le restaurateur faisait des événements, le réalisateur et comédien a été marqué par le silence qui s’est imposé dans les minutes suivant la tragédie, chez les clients, ventre à terre, qui venaient d’en être témoins.« Les gens étaient liés par une forme d’intimité même s’ils ne se connaissaient pas, parce qu’ils venaient de vivre quelque chose de tellement bouleversant et transformateur, souligne Luc Picard, en entrevue au Devoir. Je me suis tout de suite senti intrigué par cette capacité que nous avons, les humains, même entre étrangers, d’être solidaires et d’éprouver une certaine forme de compassion lorsqu’on est mis face à de petites ou de grandes violences. »

De cette réflexion est né Rédemptions, un film choral ambitieux et complexe dans lequel il interprète Marcel, un tueur à gages à la retraite forcé de reprendre le collier pour payer une dette, et de commettre deux meurtres dans un restaurant de la métropole.Les actions de l’homme lors de cette journée fatidique entraîneront une série d’événements fortuits reliant entre eux une panoplie d’inconnus entre Montréal et Paris, où se déroule le tournage d’un film dans lequel se prépare la scène d’une fusillade fictive. Sur le plateau, la fille de Marcel (Kelly Depeault), venue encourager les débuts au cinéma de son petit ami Francis (Henri Picard), subira malgré elle les contrecoups du contrat de son père.