Malgré les efforts des pouvoirs municipaux pour protéger les ateliers créatifs montréalais, les artistes restent vulnérables à la crise du logement. Les cas d’éviction de leurs lieux de travail continuent de se multiplier dans les quartiers centraux. Voici un de deux cas imminents.

Le 435, rue Beaubien Ouest, à l’angle de la rue Durocher, est un ancien bâtiment en briques construit en 1919. Il est témoin, selon la Ville, du passé industriel du secteur. Depuis, le quartier a bien changé. Le campus MIL de l’Université de Montréal a poussé à proximité, de même que des tours de condos locatifs modernes.Le bâtiment industriel, lui, a été adopté depuis des années par des artistes et artisans en tout genre, dont des musiciens, des peintres, des céramistes, des tatoueurs et des concepteurs de meubles. Ils sont aujourd’hui 120 à se partager 27 000 pieds carrés de ce qui serait les derniers ateliers d’artistes d’Outremont.« C’est très diversifié. L’abordabilité historique de ces studios a permis à beaucoup de gens, comme moi, de débuter ou de développer leur pratique. Je me suis fait plusieurs contacts en étant ici », explique la designer de mode Hannah Isolde Goodman, fondatrice de la marque Hannah Isolde.Hannah Isolde Goodman fait grandir depuis 10 ans son entreprise au 435, rue Beaubien Ouest, dans un local de 800 pieds carrés (74 mètres carrés) qu’elle partage avec quatre autres artisans de la mode. Elle y fait tout, toute seule, des patrons à la fabrication de robes, de blouses, de jupes et de pantalons de style vintage. Elle est membre du collectif SuperStudio, qui regroupe une quarantaine d’occupants du bâtiment.