Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Trafic de drogue Trafic de drogue Trafic de drogue Tribune Khalid Tinasti Chercheur La réforme de la politique des drogues, appelant à mettre davantage l’accent sur la santé publique, ne peut devenir consensuelle que si une majorité de citoyens est convaincue de son effet protecteur, estime le chercheur Khalid Tinasti, spécialiste des politiques publiques en matière de drogues, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 12h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le niveau de violence liée aux narcotrafics atteint des niveaux rarement vus en Europe. Avec une prévalence de la consommation de cocaïne en hausse, l’importation de méthodes ultraviolentes et armées pour régler les différends territoriaux entre groupes criminels, et même des élus menacés (en France, en Belgique et aux Pays-Bas), il est difficile de nier la gravité de la situation. Pourtant, la guerre aux drogues accumule les échecs depuis des décennies. Les marchés illicites prospèrent, les organisations criminelles se renforcent, les prisons se remplissent sans que la consommation recule durablement. Pourtant, partout, les politiques répressives reviennent comme seule et principale réponse. En France, le premier comité interministériel consacré à la criminalité organisée a tenté, fin mai, un renforcement de la lutte contre le trafic. En République tchèque, longtemps considérée comme l’un des laboratoires européens de la dépénalisation, le gouvernement prépare un durcissement de la répression. Aux Etats-Unis, la Maison Blanche envisage de nouvelles options militaires contre les cartels en Amérique latine. Le plus préoccupant n’est pourtant pas ce retour de la logique répressive. C’est qu’il s’opère sans rencontrer de véritable résistance. Il y a quelques années encore, les limites de la guerre contre les drogues semblaient avoir acquis le statut d’évidence. Les preuves s’étaient accumulées, avec des organisations criminelles renforcées par les profits de l’économie illégale, des marchés toujours plus violents et des millions d’incarcérations sans effet durable sur les consommations, à mesure que la répression s’intensifiait. Si ces constats suffisaient à faire évoluer les politiques publiques, le débat serait derrière nous. Il ne l’est pas. Cette contradiction révèle peut-être que nous nous trompons de diagnostic. Depuis des années, les partisans de la réforme des politiques en matière de drogues, appelant à la priorité à la santé publique et à la dépénalisation de la consommation, se comportent comme si leur principal défi consistait à produire davantage de preuves. Or ce n’est plus là que se joue la bataille. Il vous reste 65.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La guerre aux drogues accumule les échecs depuis des décennies »
TRIBUNE. La réforme de la politique des drogues, appelant à mettre davantage l’accent sur la santé publique, ne peut devenir consensuelle que si une majorité de citoyens est convaincue de son effet protecteur, estime le chercheur Khalid Tinasti, spécialiste des politiques publiques en matière de drogues, dans une tribune au « Monde ».







