Monde AmériquesAmérique du Sud. Le président argentin a traité son homologue brésilien de "délinquant", samedi lors de l'investiture de son rival Flavio Bolsonaro à Sao Paulo. En conséquence, Brasilia a rappelé pour consultation son ambassadeur à Buenos Aires.Par Aïssata Sow avec ReutersPublié le 27/07/2026 à 17:58Le président argentin Javier Milei aux côtés de son allié Flavio Bolsonaro, candidat à l'élection présidentielle brésilienne, le 25 juillet à Sao Paulo, au Brésil.REUTERSBrasilia en colère contre Javier Milei. Le Brésil a pris la décision de rappeler son ambassadeur à Buenos Aires "pour consultation" ce week-end après des "propos offensants" tenus par le président argentin, visant les dirigeants et le système judiciaire brésilien, à l'occasion de son deuxième déplacement dans le pays. Le président Milei "a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne", a déclaré une source proche du dossier à l'agence Reuters.Le chef d'État argentin est arrivé vendredi au Brésil afin d'apporter son soutien à la candidature du sénateur Flavio Bolsonaro à l'élection présidentielle, qui aura lieu en octobre prochain. Le fils aîné de l'ancien président réactionnaire Jair Bolsonaro, proche de l'administration Trump, a officiellement annoncé samedi sa candidature pour détrôner le président actuel Luiz Inacio Lula da Silva, qui ne cesse de creuser son avance dans les sondages à l'approche du scrutin.Un "risque Lula"S'exprimant aux côtés de Flavio Bolsonaro lors d'un meeting à Sao Paulo, Javier Milei a déclaré samedi que le gouvernement brésilien était composé de "socialistes voleurs", avant de présenter le candidat conservateur brésilien comme le seul à pouvoir "arrêter Lula". Dans son discours, Javier Milei a également traité son homologue brésilien de "délinquant", l'accusant d'avoir tenté de lui nuire pendant la campagne présidentielle argentine de 2023. "J'avais un voisin qui s'immisçait dans la politique argentine pour essayer de fausser le cours de l'histoire en faveur de ces salauds de gauchistes", a-t-il lancé, sans nommer le président et fondateur du Parti des Travailleurs. Chef de file de la droite latino-américaine, Javier Milei a également appelé le Brésil à se libérer de "l'asservissement à la gauche", mettant les Brésiliens en garde contre un prétendu "risque Lula".Des propos auxquels le président brésilien a réagi, dimanche, lors d'un rassemblement syndical. "Au Brésil, nous n'acceptons pas que quiconque mette son nez là où on ne lui a pas demandé de le faire" a lancé Lula, sans préciser la cible de sa déclaration. Le chef de l'Etat a conclu son discours en promettant qu'il continuerait à diriger le pays "sans ingérence de quiconque".Si Javier Milei s'en est pris à son homologue brésilien, il s'en est également pris au système judiciaire de la république fédérale du Brésil. Sans explicitement nommer le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, Javier Milei a affirmé que cette "ordure chauve" l'avait empêché de rendre visite à son "ami injustement emprisonné", l'ex-président Jair Bolsonaro condamné pour tentative de coup d'État en 2022. Le président de la Cour suprême Edson Fachin a rétorqué en retour que la remarque du président argentin, "prononcée sur le sol brésilien", était "irrespectueuse à l'égard d'un magistrat de la plus haute juridiction du pays. Une accusation partagée par le président du Parti des travailleurs Edinho Silva, selon qui Javier Milei est "indigne de la fonction qu'il occupe".Vives réactions en ArgentineEn Argentine aussi, les déclarations présidentielles ont provoqué de vives réactions. L'ancien chef d'Etat argentin Alberto Fernandez a publié dimanche une vidéo sur X dénonçant les insultes de son successeur : "Milei s'est rendu au Brésil en hurlant comme un fou, exigeant de voir un putschiste en prison", a-t-il écrit, avant d'ajouter qu'"insulter le président d'une nation sœur et de notre principal partenaire commercial est impardonnable".Candidat potentiel aux élections législatives de l'année prochaine et gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof a quant à lui annoncé avoir contacté Mauro Vieira pour "lui faire savoir que Milei ne reflète pas les sentiments du peuple argentin", précisant ne pas cautionner les propos du dirigeant. "Depuis la province de Buenos Aires, nous réaffirmons que l'Argentine respecte ses nations sœurs et s'engage en faveur de l'intégration régionale", a-t-il déclaré dimanche. "Par ces provocations, Milei met en péril les investissements, les exportations, des milliers d'emplois et les intérêts de l'Argentine, tout cela pour soutenir un candidat à la demande de Trump" a-t-il ajouté.Les relations diplomatiques entre les deux pays sont actuellement pratiquement inexistantes. Lors de ses deux voyages au Brésil, Javier Milei n'a pas cherché à organiser de rencontre officielle avec Lula, et le dirigeant brésilien n'a pas non plus manifesté le moindre intérêt à le recevoir. Ce dernier n'avait en revanche pas hésité à rendre visite à l'ancienne présidente et actuelle figure de l'opposition argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, pendant son dernier voyage en Argentine, en 2025.
Crise diplomatique entre le Brésil et l'Argentine après des propos de Javier Milei contre Lula
Le président argentin a traité son homologue brésilien de "délinquant", samedi lors de l'investiture de son rival Flavio Bolsonaro à Sao Paulo. En conséquence, Brasilia a rappelé pour consultation son ambassadeur à Buenos Aires.










