Des espions chinois qui dérobent des secrets commerciaux à des entreprises japonaises. Des militaires japonais qui utilisent à leur insu des clés USB contenant des logiciels malveillants chinois. Une cyberattaque contre l’agence spatiale japonaise menée par des groupes de pirates informatiques liés à l’armée chinoise.Depuis des décennies, le Japon peine à empêcher d’autres pays de profiter des faiblesses de son appareil de renseignement — et à leur rendre la pareille.Rompant radicalement avec des tabous historiques qui associent la collecte de renseignements aux activités militaires du passé, le gouvernement japonais cherche maintenant à mener ses propres opérations d’espionnage de manière systématique. Il entreprend ainsi la première refonte de ses capacités de renseignement depuis la Seconde Guerre mondiale, une initiative que les gouvernements occidentaux accueilleraient favorablement, selon plusieurs de leurs représentants.Ce chantier colossal, lancé cet été et qui devrait s’échelonner sur plusieurs années, intervient au moment où le président Donald Trump presse le Japon et d’autres alliés d’assumer une plus grande part de leur défense et de leur sécurité. Ces pressions ravivent à Tokyo des inquiétudes anciennes quant à l’ampleur de la dépendance du pays à l’égard des États-Unis.