Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats SNCF SNCF SNCF Tribune Gilles Savary Ancien député (PS) de la Gironde Le développement de la concurrence du secteur du chemin de fer français doit s’accompagner d’une politique renforcée, dans laquelle la SNCF jouerait un rôle central, estime, dans une tribune au « Monde », l’ancien député socialiste de la Gironde Gilles Savary, coauteur du rapport « Ambition France Transports », rendu en juillet 2025. Publié aujourd’hui à 10h55 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés S’il est un domaine où le Sénat nourrit utilement le débat public, c’est bien celui de notre politique ferroviaire. En témoigne le rapport d’information [d’Hervé] Maurey [sénateur de l’Eure] [et de Marie-Claire] Carrère-Gée [sénatrice de Paris] de la commission des finances sur « l’impact de la concurrence dans le transport ferroviaire sur les finances publiques », publié le 19 mai dernier, qui alerte sur un risque de « centrifugation » de notre système ferroviaire. Pour y répondre il préconise, à rebours de la sensibilité décentralisatrice de la Haute Assemblée, de remédier par un retour de l’Etat. Sans préjudice de sa grande qualité, ce diagnostic n’échappe pas à un glissement sémantique, bien français, tendant à faire porter à l’ouverture à la concurrence des responsabilités excessives. La concurrence ferroviaire se développe partout en Europe, sous les mêmes règles et contraintes qu’en France. Elle ne constitue pas tant une libéralisation qu’une re-réglementation très éloignée de la caricature du renard dans le poulailler. En cela en effet, elle a introduit une sorte de bureaucratie de marché qui était jusque-là internalisée dans le monopole public, mais dans une opacité qui lui a longtemps permis de ponctionner les finances régionales bien au-delà des coûts du service rendu. Partout où elle a été mise en œuvre, elle a débouché sur un sursaut de l’opérateur historique, une augmentation très significative des circulations ferroviaires et de la clientèle du rail, à coûts constants, voire baissiers. Ses premiers pas en France n’y font pas exception. Le dernier lot – à ce jour – d’un service TER [transport express régional] attribué par appel d’offres, celui du réseau de Poitou-Charentes, a été remporté le 20 avril par la SNCF. Il est 17 % moins cher (112 millions d’euros sur la durée du contrat) et propose 158 circulations de trains en plus par semaine, par rapport à ce qu’elle fournissait jusque-là sous monopole à la région Nouvelle-Aquitaine. Accessoirement, l’ouverture à la concurrence suscite un regain d’intérêt des investisseurs privés pour le chemin de fer, après qu’ils ont fait, aux dépens de ce dernier, les beaux jours de la route et de l’aviation libéralisées par Bruxelles. Il vous reste 62.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.