Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats SNCF SNCF SNCF Analyse Jonathan Parienté Billetterie, correspondances… La loi-cadre sur les transports, en cours d’examen au Parlement, ne réglera pas le problème de l’absence de connexions entre des acteurs plus nombreux. Le PDG du groupe SNCF, Jean Castex, appelle à une meilleure régulation. Publié aujourd’hui à 10h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le monopole de la SNCF n’est plus. Le « nouveau pacte ferroviaire », entré en vigueur en 2020, en a sonné le glas. Depuis, des trains italiens et espagnols sont arrivés sur les lignes à grande vitesse (LGV), où la concurrence est libre – et d’autres se préparent. Les régions, autorités organisatrices des mobilités (AOM) sur leurs territoires, s’affranchissent progressivement de la SNCF historique. Les lignes ferroviaires régionales s’ouvrent à la concurrence par appels d’offres. La SNCF les remporte souvent, mais elle ne gagne pas tout : elle a été remplacée par Transdev entre Marseille et Nice et le sera par la RATP autour de Caen. Et quand elle rafle la mise, elle exploite ces lignes par le biais de filiales spécialement créées pour l’occasion. Une analyse superficielle pourrait laisser croire que, six ans après, la réforme est digérée par tous et que seuls s’y opposent encore les cheminots, irréductibles Gaulois dans un monde qui change, arc-boutés sur leurs supposés privilèges. C’est un raccourci commode, brandi par ceux qui adorent détester la SNCF et ses agents. Pour ne pas trop effrayer ces derniers, on parle dans le jargon maison de « sociétés dédiées ». Mais qu’importe cette précision sémantique, les syndicats, historiquement opposés à la fin du monopole, déplorent que l’activité s’émiette dans ces nouvelles entités, fragilisant l’unité du groupe public. C’était d’ailleurs l’un des motifs de la dernière grève intersyndicale, le 10 juin. Ces derniers mois, les organisations syndicales ont trouvé des alliés de circonstance plutôt surprenants dans cette alerte, non pas sur le principe même de la concurrence, mais plutôt sur ses modalités et sur ses conséquences que la loi n’a pas (ou mal) anticipées. « L’impréparation du saut dans le modèle concurrentiel est flagrante. En raison d’une confiance excessive dans le “pouvoir magique” de la concurrence, des problématiques majeures, pourtant identifiées de longue date, ont été mises de côté », ont écrit les sénateurs Marie-Claire Carrère-Gée (Paris, Les Républicains) et Hervé Maurey (Eure, Les Centristes) dans un rapport publié le 19 mai. Certes, écrivent-ils, les régions « en ont pour leur argent » – plus de trains pour le même prix –, mais au prix d’investissements majeurs, notamment dans les centres de maintenance, et d’embauches pour assumer pleinement leur fonction d’AOM. Il vous reste 58.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.