Dans une ambiance crispée, l'Assemblée nationale a adopté dans la nuit du lundi 20 juillet à mardi 21 juillet la loi d'urgence agricole. Entériné le lendemain au Sénat, ce texte ouvre la possibilité de réintroduire de manière dérogatoire certains pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, une disposition qui a révélé au grand jour les divergences au sein du gouvernement et entre une partie de ses troupes.
Sur RTL, mardi, le ministre du Commerce, Serge Papin, s'est pourtant voulu rassurant, évoquant un vote "indispensable et attendu pour les agriculteurs", et précisant que "le gouvernement (...) ne souhaitait pas introduire l'acétamipride dans le projet de loi", arguant que ce pesticide "est toujours interdit".
Une position aussi défendue par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. "Il n'y a pas de réintroduction de l'acétamipride, c'est faux de le dire", a-t-elle assuré. Alors, qu'en est-il vraiment ?
L'acétamipride et le flupyradifurone : des pesticides nocifs autorisés dans l'Union européenneL'acétamipride et le flupyradifurone sont des pesticides nocifs pour les pollinisateurs. Ils sont interdits en France, mais autorisés dans l'Union européenne. En 2013, plusieurs études sur les rats avaient montré des impacts sur le développement du cerveau. Faute de preuves suffisantes, l'Agence européenne sanitaire avait maintenu son autorisation en demandant aux fabricants japonais de réaliser une étude complémentaire sur les risques. Cette étude n'existe toujours pas douze ans plus tard.












