Le Parlement français a entériné mardi le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement, malgré une controverse sur l’autorisation de pesticides qui divise son propre camp et a conduit la ministre de la Transition écologique à présenter sa démission.Le premier ministre Sébastien Lecornu avait appelé sur X à ne pas « instrumentaliser à des fins politiciennes » ce texte, après son adoption dans la nuit à l’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement. Le Sénat, la chambre haute, a mis un terme à son parcours législatif, avec 214 voix pour et 111 voix contre.
L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Ce texte apporte plus de 70 mesures concrètes attendues par le monde agricole : contrats d’avenir, protection contre la concurrence déloyale des produits importés,…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) July 21, 2026
Souveraineté alimentaire, gestion de l’eau, élevage et pesticides… le projet balaie de nombreux sujets à travers près de 70 articles.La ministre de la Transition écologique Monique Barbut était opposée à des mesures du texte sur l’eau, et surtout à la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l’UE mais interdits en France.Le texte prévoit la possibilité donnée à l’Agence de sécurité sanitaire de réintroduire sous condition l’acétamipride et le flupyradifurone pour une poignée de filières en difficulté.Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride, la résurgence de cette option sème toujours la controverse. Des députés du camp gouvernemental ont suggéré à l’exécutif de la faire retirer par amendement, ce que l’exécutif a refusé.La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (du parti présidentiel Renaissance) s’est dite « extrêmement gênée » que cette réintroduction ne soit pas rediscutée dans l’hémicycle, un an après que « 2 millions de signataires » se soient opposés à la loi Duplomb sur l’acétamipride.C’est le Sénat qui a amendé le texte afin d’y ajouter la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits.« Le premier ministre n’assume pas. Il vient d’imposer la réintroduction de deux pesticides cancérigènes, dénoncés par les sociétés savantes, les médecins et plus de 2 millions de citoyens. La honte », a réagi le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard sur X.













