Que devrait faire un futur gouvernement pour créer un climat d’affaires favorable dès ses premiers jours au pouvoir ? La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) finalise la rédaction d’un livre blanc à ce sujet.« Notre première recommandation, c’est de faire de l’allégement réglementaire et fiscal une urgence nationale », indique Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la CCMM.Première, car sept recommandations figureront dans ce livre blanc qui sera publié à la mi-août. Le document conseillera les élus des cinq partis politiques provinciaux sur les avenues qui doivent, selon la CCMM, être suivies pour renforcer la compétitivité des entreprises et soutenir la croissance économique.La réduction du fardeau administratif, Isabelle Dessureault en avait déjà fait l’une de ses priorités à son arrivée à la tête de la CCMM, il y a de ça maintenant un an. Le Devoir l’a justement rencontrée à nouveau ce mois-ci pour revenir sur ce qui a été pour elle une première année « très costaude ».

« Je ne crois pas qu’on a fait de gains concrets en une année sur l’allégement », admet Isabelle Dessureault. Elle remarque tout de même un certain changement de paradigme au sein de la classe politique. Entre le 1er mai et le 14 juin, elle a reçu tour à tour les cinq chefs de parti, qui auraient, selon elle, « tous admis que c’est une problématique majeure pour le Québec ».« Au fil des 15 dernières années, on a ajouté des lois, on a ajouté des règlements par-dessus ce qui était existant, […] on a ajouté des structures, on a ajouté un cadre, mais on n’a jamais retiré [d’éléments]. Puis, l’autre chose qui n’a pas été faite, et c’est majeur, c’est qu’on n’a jamais mesuré combien ces règlements-là coûteront à la société », regrette-t-elle.Ces coûts se traduisent notamment par le choix que font certaines entreprises d’investir ailleurs qu’au Québec, où la réglementation serait moins lourde, ce qui, au bout du compte, nuit à la productivité québécoise, selon la CCMM, qui se veut le porte-voix de la communauté des affaires de la grande région de Montréal.Collaborer avec les régions et l’internationalLa guerre commerciale avec les États-Unis était sur toutes les lèvres lorsqu’Isabelle Dessureault a pris les rênes de la CCMM à l’été 2025. « Une année plus tard, ce n’est toujours pas plus simple, confie-t-elle au Devoir. Mais les entreprises — ou, en tout cas, une partie d’entre elles — ont choisi de s’organiser, puis de faire face à ce qui apparaît comme quelque chose de plus permanent comme défi [en adoptant] une ouverture sur le reste du monde. »La CCMM estime que plusieurs entreprises montréalaises semblent ainsi avoir saisi la nécessité d’une diversification des marchés à l’international. Maintenant, il reste à faire tourner leur regard — mais aussi celui des grands acteurs économiques et politiques — vers les différentes régions du Québec, estime Isabelle Dessureault.« Ça va être au cœur de ce qu’on veut faire la prochaine année. Il faut que la métropole s’intéresse et s’ouvre aux autres pôles économiques, au Saguenay, dans la Beauce, puis qu’on voie comment on peut être des leviers les uns pour les autres. »En parallèle à ses efforts de diversification commerciale, l’ex-déléguée du Québec à l’étranger (États-Unis, Espagne, Portugal) a aussi eu à s’habituer, dans la dernière année, à ses nouvelles fonctions de présidente de la CCMM. Les souliers à chausser étaient grands, puisque son prédécesseur, Michel Leblanc, a occupé ce poste pendant 16 ans et qu’il fallait « rallier une équipe vers une autre vision ».