Société La nomination du sénateur du Rhône au poste de défenseur des droits sera validée ou rejetée après son audition au Sénat ce mardi. Mais des associations dénoncent ses anciennes prises de position, incompatibles, selon elles, avec la fonction. Le sénateur François-Noël Buffet, qui fut ministre du gouvernement Bayrou, a été proposé pour devenir le prochain défenseur des droits. Photo Carine Schmitt/Hans Lucas via AFP Par Emma Defaud Publié le 21 juillet 2026 à 06h50 Contre toute attente, le sénateur Les Républicains François-Noël Buffet a été choisi par le président de la République pour garantir nos droits. Pourquoi « contre toute attente » ? Lui-même reconnaissait la semaine dernière devant la commission des lois de l’Assemblée nationale ne pas être un candidat naturel pour ce poste : « Est-ce que le président aurait pu choisir une meilleure candidature ? Sans aucun doute. Même beaucoup mieux, mais peut-être plus mal aussi », a-t-il répondu. François-Noël Buffet devrait être confirmé à ce poste ce mardi 21 juillet par le Sénat. Contre toute attente aussi, à en juger par la réaction de la cinquantaine d’associations et syndicats qui ont pointé du doigt son profil « incompatible avec les valeurs de l’institution ». En effet, plusieurs indices laissent penser que, selon lui, tous les citoyens n’ont pas le droit aux mêmes droits. Des exemples ? Quand il a milité contre le Mariage pour tous ; quand il a refusé la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires et aux couples de femmes ; quand il s’est opposé à la constitutionnalisation de l’avortement ; quand il a travaillé au durcissement de l’accès à l’Aide médicale d’État ou quand il n’a pas réagi après que son collègue ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a déclaré que « l’État de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré ». 200 000 saisines en 2026 François-Noël Buffet a pourtant balayé ces prises de position. Il jure que ses nouveaux habits valent nouvelle position. « Le changement de fonctions emporte un changement de responsabilités. Le parlementaire participe au débat démocratique et à l’élaboration de la loi ; le défenseur des droits veille, avec indépendance et impartialité, à ce que cette loi soit appliquée de manière égale à tous et à toutes », a-t-il dit. Le voilà à la tête de 650 délégués bénévoles et 260 agents, pour répondre sur des champs aussi divers que le licenciement d’un lanceur d’alerte, l’absence de soins suffisants dans un Ehpad, un refus de congé parental pour un couple gay, ou des violences policières contre des migrants. Et il y a urgence. Entre 2020 et 2025, les saisines du défenseur des droits ont augmenté de 70 % et pourraient atteindre 200 000 cette année. Sa prédécesseure, Claire Hédon, décrit un « accès au droit qui se dégrade en France » avec « des services publics vidés de leur présence humaine, une dématérialisation qui exclut autant qu’elle simplifie, des discriminations en hausse ». À lire aussi : La défenseure des droits Claire Hédon déplore “une promesse républicaine non tenue” Maintenir la confiance dans les institutions Nos élus lui ont confié, sur suggestion d’Emmanuel Macron, les relations avec les services publics, la lutte contre les discriminations, les droits de l’enfant, la déontologie des forces de sécurité et la protection des lanceurs d’alerte. Dans cette France à la recherche de sa boussole, le défenseur des droits a un rôle fondamental : celui de maintenir la confiance en nos institutions. Il est le recours de tous les citoyens, français ou pas, pour faire valoir un des piliers du triptyque de notre devise : l’égalité. Une noble et immense tâche qui s’articule autour d’un point fondamental, que formule sa prédécesseure : « Protéger les personnes vulnérables, c’est protéger les droits. » C’est là le plus dur. Protéger les personnes vulnérables ne s’est pas exprimé comme une priorité dans le parcours de François-Noël Buffet. Aller au contact de ces publics, comprendre les enjeux qui les traversent, sonner l’alarme, voire en appeler au Conseil d’État ou à la Cour des comptes pour rétablir le bon droit sera-t-il sa priorité ? Nous voulons le croire, contre toute attente. À lire aussi : Nomination d’une Défenseure des droits de l’enfant à l’Éducation nationale : quelles seront ses missions ? Société Politique Justice Droits humains Droit Droits des enfants Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner