Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l’Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d’Ormuz.Intervenant au neuvième jour consécutif d’hostilités entre les États-Unis et l’Iran, d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, ces menaces « contre la liberté de navigation […] risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande », s’est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une « désescalade immédiate ».Les Houthis « annoncent un blocus maritime contre l’ennemi saoudien criminel, selon le principe “œil pour œil”, avec effet immédiat », avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en œuvre cette mesure.L’annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, pour la première fois depuis des années, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.
Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d’atterrissage à Sanaa d’un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l’hégémonie saoudienne sur l’espace aérien yéménite.Le risque du blocage de deux détroits« Même si aucun navire n’est attaqué, l’annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l’action », estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.S’il entrait en vigueur, le blocus accentuerait la pression sur l’économie saoudienne et les marchés mondiaux, en coupant au royaume l’accès à ses ports de la mer Rouge, cruciaux pour le commerce pétrolier, alors que la reprise du conflit entre Téhéran et Washington limite le passage par le détroit d’Ormuz.Les Houthis ont déjà tenté de bloquer le trafic maritime en mer Rouge, en tirant parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulot d’étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.Pendant la dernière guerre dans la bande de Gaza, ils avaient lancé des attaques de drones et missiles en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, contraignant les bateaux à contourner l’Afrique pour rallier l’Europe.Pour Andreas Krieg, expert en sécurité au King’s College de Londres, Téhéran pourrait demander aux Houthis de « préparer le front de Bab el-Mandeb », même si le groupe rebelle conserve « une autonomie considérable ».










