Le 24 juin, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement notifié au secrétaire général des Nations unies leur retrait du traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Le geste n'est pas sans précédent. Il rappelle celui du Burundi, premier État à avoir quitté la CPI en 2017, dans un contexte de vives tensions avec la communauté internationale, surtout avec l’annonce du procureur de la CPI d'ouvrir une enquête sur les crimes perpétrés entre 2015 et 2017.

Une double interrogation s’impose. Le retrait de la CPI n’apparaît-il pas comme une pratique qui circule entre régimes autoritaires ? Et lorsque les institutions internationales sont perçues comme appliquant le droit à géométrie variable selon les États, ne fragilisent-elles pas leur propre crédibilité — nourrissant, ce faisant, les discours qui contestent leur légitimité ?

Mes recherches doctorales portent sur les sanctions internationales imposées par l'Union européenne et des organisations régionales et la résilience autoritaire dans les États fragiles, à travers une étude comparative du cas du Burundi. J'y consacre un chapitre à d'autres pays ayant fait l'objet de sanctions.

J'analyse comment le retrait du Burundi de la CPI a créé un précédent susceptible d'avoir inspiré la décision similaire du Burkina Faso, du Mali et du Niger. J'interroge les effets de ces retraits sur la crédibilité de la justice pénale internationale.