Le Théâtre Gérard-Philipe à Saint-Denis, la Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis à Bobigny et le Théâtre de la Commune, centre dramatique national d’Aubervilliers : ce sont les trois établissements culturels du 93 concernés, comme cinq autres en Île-de-France et vingt autres en France, par des réductions de crédits inscrites dans la loi de finances 2026 ainsi qu’un nouveau « surgel » annoncé ces derniers jours par l’État.Pour les trois structures, cela représente plus d’un million d’euros de subventions qui ne seront pas versées. À titre de comparaison, le théâtre des Amandiers à Nanterre (Hauts-de-Seine), également concerné, devrait perdre à lui seul près de 800 000 euros.Une situation suffisamment préoccupante pour que le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel (PS) décide d’écrire le 17 juillet à la ministre de la Culture Catherine Pégard : « À elles seules, ces trois structures représenteraient près de la moitié de l’effort demandé aux établissements franciliens concernés, alors même que notre département est loin de concentrer la moitié des crédits de l’État ou de la Drac (NDLR : Direction des affaires régionales) Île-de-France. Cela représenterait également 13 % de l’effort demandé à l’échelle nationale. »« La culture n’est pas une dépense facultative »L’élu socialiste s’étonne par ailleurs que seuls deux établissements parisiens soient concernés par réductions de crédits. « Ce qui est présenté comme un calcul budgétaire produit en réalité un effet politique : faire de la Seine-Saint-Denis l’un des premiers contributeurs au désengagement culturel de l’État », poursuit-il, pointant « un choix politique bête et brutal » contre lequel il compte bien se battre dans les semaines à venir.« En Seine-Saint-Denis, nous avons fait le choix constant de préserver nos engagements en faveur de la culture avec un budget de 20 millions d’euros du département chaque année, argumente Stéphane Troussel. La culture n’est pas une dépense facultative mais un investissement essentiel pour l’émancipation, la cohésion sociale, l’éducation et la vitalité démocratique de nos territoires. »Le président de la Seine-Saint-Denis demande à la ministre « de revenir sur le surgel annoncé pour les établissements concernés » et que l’État s’en tienne aux crédits qui avaient été notifiés pour l’exercice 2026, et sur lesquels les établissements avaient construit leur saison culturelle. « Les économies qui leur sont demandées aujourd’hui ne pourront être absorbées qu’au prix de déficits importants, d’annulations de projets, d’abandons de productions ou de réductions de l’offre artistique et culturelle », appuie Stéphane Troussel. Il demande à être reçu en délégation « afin de construire des solutions permettant de préserver durablement les grands équipements culturels de la Seine-Saint-Denis ».