L’intersyndicale du spectacle vivant, et les directions de structures auxquelles avait été annoncé un gel de 13 % de leur subvention, se réjouissent de l’annonce faite par le ministère de la Culture. Mais entendent rester mobilisées dans les mois à venir. La ministre de la Culture Catherine Pégard, à Paris, le 9 juillet 2026. Photo Magali Cohen/Hans Lucas Par Tiphaine Le Roy Publié le 21 juillet 2026 à 18h20 C‘est un retournement de situation au goût de première victoire pour le monde de la culture. Mardi 21 juillet, le ministère a annoncé la levée du gel de 13 % de la subvention 2026 à vingt-huit opéras, orchestres et théâtres, parmi les plus soutenus du secteur. Elle leur sera donc bien versée « au second semestre ». L’annonce, au début du mois de juillet, avait fait l’effet d’une déflagration, alors que s’ouvraient les festivals d’Aix-en-Provence et d’Avignon. Trois semaines de mobilisation des professionnels du secteur (artistes, directeurs et directrices de salles, personnels administratifs et techniques) auront payé, considèrent celles et ceux qui ont porté le mouvement au sein de l’intersyndicale du spectacle, et les patrons des établissements concernés. « Cette décision me redonne de l’espoir, la mobilisation peut encore avoir un impact, remarque Julie Sanerot, directrice de la Maison des arts et de la culture de Créteil (MAC), l’une des trois scènes nationales concernées par le gel. J’ai aussi observé la solidarité du réseau des scènes nationales à ce sujet, alors que sur soixante-dix-huit établissements portant ce label, trois seulement étaient concernés. » Parmi eux, l’Opéra de Lyon, dont le directeur Richard Brunel se réjouit que le ministère de la Culture ait obtenu gain de cause sur Bercy. « C’est un soulagement pour tous les lieux, comme le nôtre. Nous allons pouvoir tenir notre saison sans accuser de déficits abyssaux. » Coprésident du Syndeac, principal syndicat d’employeurs du secteur subventionné, Joris Mathieu se félicite de cette « première victoire, très liée à la mobilisation intersyndicale. » Et d’insister sur les réactions de soutien portées par des élus, de manière transpartisane. À lire aussi : Danser avec toujours moins : les professionnels du secteur tentent de résister à la crise L’intersyndicale tempère toutefois cette bonne nouvelle, alors que le débat budgétaire pour 2027 en est à ses prémices. « La ministre de la Culture [Catherine Pégard, ndlr] va juste donner à ces vingt-huit structures ce pour quoi le ministère s’était engagé sur 2026, remarque Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT spectacle. Nous n’avons pas de réponses quant à notre demande de refinancement du Fonpeps [dispositif d’aide à l’emploi pérenne dans le secteur, qui contient notamment des aides à la diffusion, ndlr], et la loi de finance 2027 reste un sujet d’inquiétude. Il manque enfin des millions d’euros sur la culture dans les collectivités, ce qui provoque une énorme crise de la diffusion ». Julie Sanerot rappelle encore que la MAC a connu une baisse réelle de 3,5 % de sa subvention de l’État cette année, ainsi qu’une baisse de celle du département de Seine-Saint-Denis, qui s’inscrit dans un mouvement continu depuis 2024. L’espoir d’un moratoire Joris Mathieu souligne pour sa part qu’en dépit de cette annulation, le secteur « traverse certainement la crise la plus grave de l’histoire de la décentralisation culturelle. Cette décision est une bouffée d’oxygène pour ces vingt-huit établissements, mais elle ne règle pas la question de fond : celle du refinancement des politiques publiques de la culture. » L’intersyndicale continue de demander un moratoire sur l’ensemble des coupes budgétaires — provenant de l’État comme des collectivités territoriales —, la création d’une conférence permanente associant l’État, les collectivités et les organisations représentatives du spectacle vivant subventionné, ainsi qu’un engagement de 1 % minimum du budget de l’État pour la culture. Un rassemblement est prévu mercredi 22 juillet à Avignon, en fin d’après-midi, puis le mouvement se déplacera sur d’autres festivals. L’intersyndicale entend ensuite remobiliser le secteur pour une semaine d’action le 21 septembre, portant sur l’ensemble des secteurs de la culture, notamment le spectacle vivant, le cinéma, et l’audiovisuel public. À lire aussi : En 2026, c’est le budget de la culture qu’on assassine Théâtre Spectacles Économie de la culture Classique Danse Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Le gel des subventions touchant vingt-huit théâtres, opéras et orchestres est levé : une victoire d’étape pour la culture
L’intersyndicale du spectacle vivant, et les directions de structures auxquelles avait été annoncé un gel de 13 % de leur subvention, se réjouissent de l’annonce faite par le ministère de la Culture. Mais entendent rester mobilisées dans les mois à venir.








