Monde AmériquesLa Colombie et les FarcAmérique du Sud. Le redouté ministre vénézuélien de l'Intérieur, dont la tête est mise à prix pour 25 millions de dollars américains, semble pourtant être en grâce auprès de l'administration de Donald Trump.Publié le 19/07/2026 à 17:22Le redouté ministre de l'Intérieur du Venezuela (à droite), dont la tête est mise à prix pour 25 millions de dollars américains, semble être pourtant en grâce auprès de l'administration de Donald Trump.REUTERSL'opposition le décrit comme la figure la plus responsable de deux décennies de répression, d'emprisonnement et de torture au Venezuela. Diosdado Cabello a gravi tous les échelons du pouvoir à Caracas jusqu'à devenir le très redouté ministre de l'Intérieur du pays. Ce nationaliste convaincu de 63 ans, qui a joué un rôle clé au sein du régime chaviste dès ses débuts, a fermement dénoncé la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l'armée américaine en janvier dernier, estimant à l'époque que l'ancien président déchu était un "prisonnier de guerre" et indiquant que "le Venezuela ne capitule pas".Côté pile, Diosdado Cabello est dans leur viseur des Etats-Unis qui l'accusent de "narcoterrorisme" et de trafic de cocaïne. Comme le relève Le Figaro, selon l'acte d'accusation de l'agence fédérale américaine, Diosdado Cabello aurait rencontré secrètement, à la frontière, des membres de l'ELN, la guérilla marxiste-léniniste colombienne, pour inspecter certaines pistes d'atterrissage clandestines destinées aux passeurs de drogue. En 2019, l'actuel secrétaire d'Etat américain Marco Rubio estimait que Diosdado Cabello était un "narcotrafiquant" qui finirait "par se retrouver en prison". Le ministre fait l'objet de sanctions américaines, tout comme plusieurs membres de sa famille et ses amis. Washington a émis un avis de recherche et offre une récompense de 25 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation. Côté face, cet ancien officier de l'armée qui incarne la ligne dure du régime chaviste semble être en grâce auprès de l'administration de Donald Trump. Comme le rapporte le Financial Times, au cours des trois semaines qui ont suivi le double séisme dévastateur qui a frappé le Venezuela le 24 juin, Diosdado Cabello a tenu des réunions ou des séances photos avec des responsables américains ayant aidé à coordonner la réponse à cette catastrophe, qui a vu périr 5000 personnes. Le ministre était ainsi au côté de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui a rencontré des responsables américains pour discuter des dégâts. John Barrett, chargé d'affaires américain à Caracas, a quant à lui été photographié en train de visiter les sites endommagés avec Diosdado Cabello, la main posée sur son bras. Ces derniers jours, le responsable venezuelien a également rencontré le général Francis Donovan, chef du Commandement Sud des Etats-Unis, la force qui a mené le raid de janvier, relate le quotidien britannique.Une relation diplomatique complexeLe curieux rapprochement entre l'administration Trump et Diosdado Cabello est emblématique de la relation complexe que Washington a développée avec le Venezuela depuis janvier. Les Américains sont ainsi partagés entre leur rhétorique anti-castriste et leur volonté pragmatique de travailler avec bon nombre des mêmes personnes qu'ils ont autrefois dénoncées et cherché à poursuivre en justice. Cette ambiguïté met en lumière les divisions au sein de l'administration sur les priorités : une faction privilégie la stabilité du Venezuela et l'augmentation de la production pétrolière, tandis que d'autres insistent davantage sur la préparation d'une transition démocratique. En tant que ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, surnommé El Pulpo ("le Poulpe") par les dissidents, est à la tête de la police et des services de renseignement et exerce une influence sur certaines composantes de l'armée. Ce responsable chaviste contrôle également les colectivos, des milices paramilitaires armées servant de bras armé au régime. Il est donc à la tête d'une grande partie de l'appareil répressif qui a conduit à l'emprisonnement ou à l'exil de nombreux membres de l'opposition, comme la prix Nobel de la paix Maria Corina Machado.Pour autant, les Etats-Unis n'entendent pas changer de doctrine. Interrogé en mai dernier sur la validité de la récompense offerte pour l'arrestation de Diosdado Cabello pour trafic de drogue, Marco Rubio a répondu que "la politique américaine sur cette question n'a pas changé". Jusqu'à quand ?
Venezuela : Diosdado Cabello, l’ennemi juré de Washington qui s'affiche avec les Américains
Le redouté ministre vénézuélien de l'Intérieur, dont la tête est mise à prix pour 25 millions de dollars américains, semble pourtant être en grâce auprès de l'administration de Donald Trump.








