Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag Tuerie d'Utoya Tuerie d'Utoya Tuerie d'Utoya Il y a quinze ans, le terroriste Anders Behring Breivik assassinait 77 personnes à Oslo et sur l’île d’Utoya. Le 22 juillet, la Norvège commémore ces attentats, les plus meurtriers de son histoire depuis la seconde guerre mondiale, en inaugurant un mémorial et un centre d’exposition. Mais les rescapés se désolent de voir que les idées d’extrême droite gagnent du terrain. Article réservé aux abonnés « Tu ne dois pas tolérer avec tant de résignation l’injustice qui ne te concerne pas personnellement. » Tatoués à l’encre bleue, ces vers du poète et romancier antifasciste norvégien Arnulf Øverland orne son bras gauche. Le 22 juillet 2011, Gaute Skjervo participait au camp d’été de la Ligue des jeunes travaillistes norvégiens (AUF), sur l’île d’Utoya, à une trentaine de kilomètres d’Oslo. Il avait convaincu cinq de ses copains, tous âgés de 16 ans comme lui, de l’accompagner. Son meilleur ami, Emil, n’en est jamais revenu. À 15 h 25, une bombe explosait devant le siège du gouvernement, en plein centre de la capitale norvégienne, faisant huit morts et des dizaines de blessées. Deux heures plus tard, déguisé en policier, le terroriste d’extrême droite néonazi Anders Behring Breivik, 31 ans à l’époque, débarquait à Utoya, tuant 69 personnes. La plupart avaient moins de 19 ans. Quand il a entendu les premiers coups de feu, Gaute Skjervo s’est caché au bord des falaises, avant de se jeter dans l’eau glacée du lac Tyrifjord et d’y être repêché par le bateau d’un vacancier. Quinze ans plus tard, on le retrouve par une belle matinée de juin, au cœur d’Oslo, dans les locaux de l’AUF. Il en est le président depuis 2024. Désormais âgé de 30 ans, père d’un enfant d’un an, il a les traits tirés. Les semaines précédentes ont été éprouvantes : après avoir participé à un débat télévisé sur le racisme et la droite radicale, début mai, ses comptes sur les réseaux sociaux ont été inondés de messages haineux. Gaute Skjervo a reçu des dizaines de menaces de mort et vit désormais avec une alarme antiagression. Il vous reste 86.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
En Norvège, l’amertume des survivants de l’attentat d’Utoya : « Les idées du néonazi Breivik se sont banalisées dans l’espace public »
Il y a quinze ans, le terroriste Anders Behring Breivik assassinait 77 personnes à Oslo et sur l’île d’Utoya. Le 22 juillet, la Norvège commémore ces attentats, les plus meurtriers de son histoire depuis la seconde guerre mondiale, en inaugurant un mémorial et un centre d’exposition. Mais les rescapés se désolent de voir que les idées d’extrême droite gagnent du terrain.










