Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Mort de Lyhanna Mort de Lyhanna Mort de Lyhanna Tribune Sandrine Garcia Sociologue Delphine Guerlet Directrice de l’association Existencielles Les dysfonctionnements ayant conduit à cette tragédie sont les conséquences de choix budgétaires, estiment la sociologue Sandrine Garcia et la directrice de l’association Existencielles, Delphine Guerlet, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Le viol et le meurtre de la petite Lyhanna [une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, le 4 juin] ont suscité de nombreuses mobilisations de la part de collectifs de défense des droits de l’enfant, de magistrats, d’associations féministes et de citoyens, mais aussi des prises de position de féministes, de sociologues travaillant sur la justice, de magistrats éclairant les conditions concrètes de leur exercice professionnel et de syndicats de la magistrature, entre autres. Si le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé, mercredi 15 juillet, que près d’un millier de dossiers de pédocriminalité avaient été identifiés comme « prioritaires », ces mobilisations relancent surtout l’examen des propositions des associations féministes en faveur d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, inspirée du modèle espagnol. Après l’affaire Ana Orantes, brûlée vive par son ex-mari en 1997, l’Espagne a fait des violences envers les femmes et les enfants un enjeu de politique publique, avec le vote d’une loi organique contre les violences de genre, en 2004. Dans le cas présent, l’homme mis en cause avait fait l’objet de plusieurs signalements (comportements sexuels « inappropriés » à l’égard d’une lycéenne, accusations de viol), sans susciter de réponse judiciaire effective. Il n’avait même jamais été inquiété. Le problème dépasse les seuls dysfonctionnements locaux : les violences sexuelles bénéficient d’une impunité de fait, qu’il s’agisse des enfants ou des femmes. Moins de 3 % des plaintes aboutissent à une condamnation, environ 92 % sont classées sans suite et seule une victime sur douze déclare avoir porté plainte, selon les données du service statistique ministériel de la sécurité intérieure. Lorsqu’une norme fondamentale – en l’occurrence le respect de l’intégrité physique et psychique des enfants et des femmes – est régulièrement bafouée sans que cela soit sanctionné, on ne peut plus vraiment parler d’interdit. Il vous reste 71.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.