Une élue exclue temporairement pour harcèlement, un "compagnon" qui usait des ressources du Sénat pour des projets personnels... La sénatrice Christine Herzog a été sévèrement sanctionnée jeudi par la chambre haute, qui craint un potentiel détournement de fonds publics.

C'est une sanction rarissime, la plus lourde prévue par le règlement du Sénat : une "censure avec exclusion temporaire" a été prononcée à l'unanimité du Bureau de la Haute assemblée, à l'encontre de la sénatrice de Moselle, qui siège au groupe Union centriste.

Selon la décision consultée par l'AFP et paraphée par le président du Sénat Gérard Larcher, l'élue sera interdite d'entrée au Palais du Luxembourg pendant 15 jours de séance publique, et devra s'astreindre à une formation pour "mieux exercer ses fonctions d'employeur".

Un "harcèlement moral" caractériséSurtout, elle sera privée de l'essentiel de ses indemnités de sénatrice pendant six mois. Soit une perte de salaire totale d'environ 32.000 euros, calcule un responsable au Sénat.

En cause, un "harcèlement moral" caractérisé à l'encontre d'une collaboratrice, un "manquement d'une particulière gravité de la sénatrice au principe déontologique de dignité" et de "probité", pointe le Sénat dans sa décision. L'affaire démarre avec un signalement produit au début du printemps par cette collaboratrice, en arrêt maladie depuis. Après une enquête disciplinaire et différentes auditions menées ces dernières semaines, le Comité de déontologie du Sénat identifie des faits allant bien au-delà du harcèlement.