Bruno RaveschotResponsable du service Investir17 juillet 2026Aujourd'hui à 06:01La place de l'investissement dans la constitution d'un patrimoine apparaît de plus en plus cruciale au sein de notre population, en particulier parmi les plus jeunes. Il est temps que le gouvernement s'en rende compte et prenne des mesures conséquentes pour en démocratiser l'accès.Dans un royaume dont les citoyens sont généralement perçus comme frileux en matière d'investissement, le baromètre publié ce vendredi par la banque ING démonte quelques clichés qui ont la dent dure. Si les Belges restent davantage enclins à parquer leurs économies sur des comptes-épargne qui ne rapportent que des clopinettes, ils semblent malgré tout accorder une importance croissante à l'investissement pour se constituer un patrimoine. C'est particulièrement le cas des plus jeunes d'entre eux, puisqu'on apprend dans ce sondage que pas moins de 80% des moins de 35 ans le considèrent comme la principale source de leurs revenus actuels ou à venir.Le constat est frappant et sans doute peu réaliste. Il renvoie certainement à la difficulté perçue par ces jeunes de pouvoir compter sur les revenus tirés du travail pour élever leur niveau de vie. Mais il fait aussi écho à la place cruciale de l'investissement dans la création de richesse que démontrent de nombreuses études. Tout comme celle d'accélérateur des inégalités, en raison d'une éducation et d'une capacité financière plus élevées parmi les nantis.À l'heure où notre gouvernement peaufine les derniers contours des négociations budgétaires qu'il entamera à la rentrée, il faut espérer que ces conclusions lui mettent la puce à l'oreille. S'il poursuit honnêtement sa volonté affichée d'amener davantage de ménages à investir, des mesures de soutien plus claires doivent être prises. Car, pour l'instant, il faut bien l'admettre, c'est plutôt dans la direction inverse qu'il s'est embarqué. En témoigne cette taxe sur les plus-values, dont l'impact va complètement à contresens d'une démocratisation nécessaire de l'investissement.Comment interpréter autrement les résultats de ce coup de sonde réalisé par notre journal auprès des principales banques de ce pays? Jugeant sans doute trop fastidieuses les démarches administratives liées à la déclaration de ces plus-values, leurs clients ont préféré en grande majorité les laisser s'en charger à leur place, quitte à en perdre les avantages liés. Si les caisses de l'État belge en sortiront gagnantes, dans un premier temps, c'est aussi le cas de celles des investisseurs plus avertis et souvent plus fortunés, qui ont davantage les moyens d'exécuter cette tâche.Au regard des retombées favorables que pourrait générer pour notre économie une plus large population encline à investir, il serait quand même plus avisé de privilégier cet objectif plutôt qu'une logique de recettes à court terme qui rate en bonne partie sa cible. Gageons que ce gouvernement y réfléchira et optera définitivement pour la clarté et la clairvoyance dans ses choix politiques.