Isabelle DykmansNewsmanager Mon Argent29 juin 2026Aujourd'hui à 18:45L'investissement doit relever plusieurs défis: les pensions des ménages, l'émancipation économique des citoyens, le financement des économies européennes. Mais lui ajouter celui d'augmenter les recettes fiscales amène à des messages contradictoires.La FSMA, le régulateur des marchés financiers, s'invite dans le débat sur les mille et une manières de diriger l'épargne des ménages vers le financement de l'économie européenne. Sa cible: les produits d'épargne-pension. Elle estime qu'en simplifiant ces produits et en facilitant le passage d'un fonds à l'autre, les épargnants pourraient obtenir un meilleur rendement. Cela rejoint les intentions du gouvernement, qui prépare des mesures destinées à améliorer le rendement de l'épargne-pension, notamment en limitant les frais.Rendre l'épargne-pension plus attrayante répond à un double objectif: améliorer le capital constitué par les épargnants et attirer davantage d'argent vers des fonds dont 88% des 42 milliards d'euros d'encours sont déjà investis dans des actifs européens. Et en cela, c'est donc une bonne chose.Il en va de même pour le compte Einstein porté par Anders, un compte-titres assorti d'un avantage fiscal pour encourager l'investissement dans les actions européennes et les ETF. Ou encore pour le compte d'investissement fiscalement avantageux inspiré du modèle suédois, que le ministre des Finances, Jan Jambon, a repris à son compte après une proposition du Voka. Toutes ces initiatives poursuivent un même objectif: orienter davantage l'épargne des ménages vers l'investissement productif.Mais ces propositions ne doivent pas masquer l'absence de vision globale. L'investissement est tour à tour présenté comme la clé d'une pension plus confortable, un levier d'émancipation financière des citoyens et un moteur pour le développement de l'économie belge et européenne. Des objectifs qui peuvent parfaitement être poursuivis de front. Les contradictions apparaissent lorsque l'investissement devient aussi une source de recettes fiscales. À vouloir encourager les ménages à investir tout en proposant de taxer davantage l'investissement, le monde politique finit par envoyer des signaux contradictoires aux épargnants et aux investisseurs. L'augmentation de la taxe sur les comptes-titres, la nouvelle taxe sur les plus-values ou encore les propositions de taxation du patrimoine, illustrent cette ambiguïté. On appuie simultanément sur la pédale de l'accélérateur et sur celle du frein: d'un côté, on multiplie les incitants à investir et, de l'autre, on alourdit la fiscalité de l'investissement.Il est temps de remettre le système à plat avec une vision d'ensemble. L'investissement peut financer l'économie tout en contribuant aux recettes fiscales. Mais pour convaincre les ménages d'investir, le cadre fiscal doit être simple et stable, le récit doit être lisible. Or, celui-ci est régulièrement brouillé par des propositions fiscales qui répondent à des priorités politiques différentes.